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Iran : la chercheuse Fariba Adelkhah est sortie de prison, mais reste assignée à résidence

Paris - Publié le lundi 5 octobre 2020 à 12 h 08 - n° 194956 Au titre des mesures sanitaires et dans le cadre d’une permission pour cause médicale, Fariba Adelkhah est sortie de prison le 03/10/2020 et a regagné son domicile personnel où elle est assignée à résidence, sous contrôle d’un bracelet électronique, annonce le même jour le comité de soutien de la chercheuse franco-iranienne détenue en Iran.

« Cela ne change rien au fond du problème. Fariba reste prisonnière scientifique, sous le coup d’une peine de prison de cinq ans, à l’issue d’un “procès” inique, sur la base d’accusations ineptes. Nous nous félicitons que le ministre des Affaires étrangères ait, ces derniers jours, réitéré la position de la France en réponse à une question parlementaire et, à nouveau, à l’Assemblée générale des Nations Unies », précise le comité.

Directrice de recherche de Sciences Po au CeriCeriCentre de recherches internationales, détenue en Iran depuis le 05/06/2019, Fariba Adelkhah avait été condamnée à deux peines de prison par la 15e chambre du tribunal révolutionnaire de Téhéran, le 16/05/2020 :
• l’une de cinq ans, pour « collusion en vue d’attenter à la sûreté nationale » ;
• l’autre d’un an, pour « propagande contre le système politique de la République islamique d’Iran ».

La peine de la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah à cinq ans de prison en Iran avait été confirmée en appel, selon RFI et l’agence Reuters, le 30/06/2020.

« Nous continuons donc à nous battre pour que l’innocence de notre collègue soit reconnue et qu’elle recouvre sa liberté de recherche et de mouvement. Mais nous pouvons désormais le faire avec un peu de baume au cœur », conclut le comité de soutien.
Fariba Adelkhah - © Thomas Arrive / Sciences Po
Fariba Adelkhah - © Thomas Arrive / Sciences Po

Un rassemblement prévu le 15/10/2020

Le comité de soutien de Fariba Adelkhah annonce par ailleurs la tenue le 15/10/2020 :

  •  d’un rassemblement « masqué et distancié » destiné à « lui redire notre soutien », à 13 h 30 au CeriCeriCentre de recherches internationales ;
  • du séminaire « Fariba Adelkhah : sociologie et anthropologie sociale du politique. Penser en pensant à elle » à 14 h 30, « en présentiel pour ceux qui le peuvent, et en visio pour ceux qui ne pourraient être présents : venez nombreux pour bien signifier que ni la pandémie ni l’été ni son assignation à résidence ne nous la font oublier ».

« D’autres actions sont en cours. Nous enverrons très rapidement un e-mail récapitulatif », ajoute le comité de soutien.

Possibilités de communication avec la chercheuse

« Par ailleurs, nous vous tiendrons au courant des possibilités de communication avec Fariba que son nouveau régime semi-carcéral lui donne. Il est clair en tout cas qu’elle pourra mieux prendre la mesure de votre soutien, depuis plus d’un an, même si vraisemblablement elle ne pourra vous exprimer directement sa reconnaissance », précise le comité de soutien.

« Telle que nous la connaissons, nous pressentons aussi qu’elle poursuivra sa lutte pour retrouver ses droits, mais aussi pour ses compagnes d’infortune, en bonne lionne du Khorassan qu’elle est. Enfin, elle pourra faire les examens médicaux que nécessitent les séquelles de sa longue grève de la faim. Dès que possible nous vous tiendrons informés de son état de santé », ajoute-t-il.

Quelques réactions à cette annonce

Antoine PetitAntoine Petit, P-DG du CNRSCNRSCentre national de la recherche scientifique

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Franck LoureiroFranck Loureiro du Sgen-CFDTSgen-CFDTSyndicat général de l’Éducation nationale - Confédération française démocratique du travail

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Ceri Sciences Po

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Réseau PausePauseProgramme national d’aide à l’Accueil en Urgence des Scientifiques en Exil

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Emmanuel Grégoire, 1er adjoint à la Mairie de Paris

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