
Filles et sciences : « Aller plus loin dans les dispositifs de rôles modèles » (Philippe Baptiste)
« Nous devons aller plus loin dans les dispositifs de rôles modèles pour que les élèves puissent s’identifier à des parcours de femmes en sciences. Les jeunes filles ne se projettent pas suffisamment dans les métiers scientifiques et techniques parce qu’elles ne les connaissent pas et en ont une image stéréotypée », déclare Philippe Baptiste
Ministre @ Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace
, ministre de l’Esre
Enseignement supérieur, recherche et espace
, le 19/01/2026.
Il s’exprime en ouverture du séminaire de la région académique Île-de-France sur le thème « Filles et sciences ». Selon le ministre, « les jeunes femmes ne fuient pas les sciences. Elles fuient une certaine image des sciences trop techniques, trop abstraites, trop coupées du sens. Or, l’exposition à des rôles modèles féminins augmente de 20 à 30 % les choix d’études scientifiques ». Il cite plusieurs initiatives et indique qu’il souhaite « avancer avec les branches professionnelles pour lancer une initiative d’ampleur ».
Philippe Baptiste affirme que les formations hybrides « qui croisent ingénierie et santé, numérique et sciences sociales, mathématiques et design attirent davantage de femmes. C’est dans cette direction que nous devons aller dans le supérieur et je souhaite y travailler avec la Cdefi
Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs
et les universités ».
Édouard Geffray
Ministre @ Ministère de l’éducation nationale
, ministre de l’éducation nationale, détaille les leviers « côté scolaire pour alimenter les filières du supérieur ». Il évoque :
• les leviers pédagogiques avec notamment la formation des enseignants aux stéréotypes ;
• la stimulation mathématique dans le second degré avec les clubs de maths, classes sciences, les concours vers lesquels il faut pousser les filles ;
• l’orientation.
Sur ce dernier point, il partage « l’importance des rôles modèles et de coordonner toutes les actions ». Il annonce le lancement, fin janvier, d’un collectif « avec toutes les associations qui le souhaitent pour avoir un agenda partagé ».
Les enjeux de la féminisation des filières ingénieur et technique
Les deux ministres rappellent les chiffres et les enjeux liés au manque de femmes dans les filières mathématiques, ingénieur, numérique et technique.
« Il nous manque 20 000 ingénieurs chaque année alors que 230 000 recrutements sont nécessaires dans le numérique uniquement d’ici 2027 et pas moins de 200 000 postes chaque année dans l’industrie. Les branches professionnelles le disent haut et fort : elles ne trouvent pas les compétences dont elles ont besoin », déclare Philippe Baptiste qui pointe une déperdition massive de filles qui font des sciences entre le lycée et les études supérieurs.
Face à ces chiffres, Édouard Geffray souligne un « enjeu collectif vital ». En plus de l’enjeu politique de tenir la promesse de « mener chaque individu au bout de ses potentialités et de permettre une égalité des parcours entre les filles et les garçons », il évoque l’enjeu économique : « si nous voulons garantir notre souveraineté économique, scientifique, intellectuelle, nous avons besoin de former plus de scientifiques et plus d’ingénieurs et nous ne pouvons pas, au nom de stéréotypes insupportables, nous priver d’un cerveau sur deux ».
« Si nous voulons être sérieux quand on parle d’autonomie nationale, européenne, d’autonomie stratégique, d’avoir une industrie autonome, une capacité à se développer et à construire une économie de la connaissance, de la science, de la technique, nous avons besoin de former des ingénieurs, des scientifiques, des doctorants, des techniciens. Il est temps de se remobiliser », déclare Philippe Baptiste.
Il cite une étude du Conseil d’analyse économique qui a montré que « la parité dans les carrières scientifiques entraînerait une hausse de croissance de près de 1 % par an. C’est absolument considérable ».
Pas d’impact de la réforme du bac
Face à la situation d’une plus faible proportion de filles dans les filières scientifiques et techniques, Édouard Geffray assure que « la réforme du baccalauréat a été absolument neutre à cet égard. En revanche, elle a révélé, par anticipation dans le choix des spécialités, ce qui était depuis toujours les orientations des filles ».
Il souligne par ailleurs qu'« il y a bien des filles qui vont dans des parcours scientifiques, mais elles ne vont pas dans les parcours d’ingénieurs. Elles vont massivement en médecine mais cela reste scientifique. Si on regarde ce qui se passe au niveau de la première dans la triplette “reine” maths-physique-chimie-SVT Sciences et vie de la Terre , les filles sont majoritaires. Donc, il n’y a pas un désaveu des sciences par les filles. Mais le choix qu’elles font à l’issue d’une formation de cette nature n’est pas le même que les garçons ».
Selon le ministre, cette situation n’a rien de définitif. « Dans le cadre du plan Filles et maths, lancé par Élisabeth Borne

, nous avons les moyens d’avancer. Ce qui au passage suppose aussi d’avancer du côté des garçons car, en réalité, les filles se sont beaucoup plus emparées de la diversité des parcours que les garçons. »
La non-mixité, « fausse bonne idée »
« Il faut se garder d’une fausse bonne idée qui serait la non-mixité. C’est une petite musique qui commence courir. Je refuse assez catégoriquement l’idée de dire qu’il faut séparer pour faire réussir. Il faut se méfier de cela et en tant que ministre c’est une hypothèse à laquelle je ne souscris pas », alerte le ministre.
Édouard Geffray souligne par ailleurs que « le processus par lequel une jeune fille s’éloigne des sciences est extrêmement lent. C’est plutôt une accumulation d’orientations diverses. Cela signifie que nous pouvons collectivement agir à chaque moment de la chaîne ».
« Il y a un modèle que j’aime beaucoup, c’est celui des summer schools. Si toutes les universités et toutes les grandes écoles proposaient des summer schools à destination des collégiennes de troisième ou de lycéenne de seconde, très clairement cela aiderait à voir les sciences autrement aussi et façonnerait les choix de spécialité par la suite ».
Néanmoins, il indique que « l’école ne peut pas tout faire et tout corriger. Cela suppose donc un travail avec les parents, les familles pour que, à leur tour, ils fassent passer le message ».
Philippe Baptiste
Ministre @ Ministère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’espace
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Parcours
Ministre
Ministre de l’Enseignement supérieur et la Recherche
Président du CA
Partner & Director, Gamma
Conseiller éducation, enseignement supérieur, jeunesse et sports
Membre du CA
Directeur du cabinet
Directeur scientifique
Directeur général délégué à la science
chef du service de la stratégie de la recherche et de l’innovation
Chef du service de la stratégie de la recherche et de l’innovation
Directeur de l’institut des sciences de l’information
Directeur du CS Lab
Chargé de cours
Membre
Chargé de recherche
Chercheur au Watson Research Cent
MSc of Computer Integrated Manufacturing
Établissement & diplôme
DEA informatique et recherche opérationnelle
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Parcours
Ministre
Conseiller d’Etat
Directeur général de l’enseignement scolaire
DGRH
Directeur de cabinet de François Bayrou
Secrétaire général
Directeur des affaires juridiques, internationales et de l’expertise
Rapporteur public à la 3e sous-section
Responsable du Centre de documentation et de recherches juridiques
Rapporteur à la 10e sous-section du contentieux
Établissement & diplôme
Ancien élève promotion Romain Gary
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