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Elsevier : « Continuer à augmenter le volume et la qualité de notre contenu » (William Rubens)

Paris - Publié le lundi 7 septembre 2020 à 14 h 41 - n° 192053 « Les priorités stratégiques d’Elsevier sont de continuer à augmenter le volume et la qualité de notre contenu, tout en élargissant les domaines de recherche que nous couvrons : en 2019, nous avons publié près d’un demi-million d’articles de recherche, soit une augmentation de 60 % au cours des dix dernières années [et] lancé six nouvelles revues en abonnements et 100 revues en libre accès », déclare William RubensWilliam Rubens, directeur France et Europe du sud d’Elsevier dans le cadre d’une interview accordée à News Tank le 04/09/2020.

Il évoque aussi les outils d’aide à la décision développés par Elsevier pour lesquels « nous combinons dorénavant nos propres données, celles de tiers et celles de nos clients. Notre base de données Scopus permet d’analyser plus de 76 millions de publications dans 25 000 revues, provenant de plus de 5 000 éditeurs ».

Pour lui, le développement de « contenus intelligents » ouvre aussi la voie à de nouvelles solutions numériques « qui combinent capacités d’analyse et technologies tout en donnant la priorité à l’efficacité opérationnelle. SciVal, par exemple, permet d’analyser les performances de recherche de plus de 16 000 institutions ».

Impact de l'épidémie de Covid-19, accord signé avec la France « ambitieux et innovant » et un autre avec l’Allemagne souhaité pour « la fin de l’année », position sur les stratégies française et européenne sur la science ouverte, services d'évaluation de la recherche développés par Elsevier, réaction aux critiques sur les tarifs de l'éditeur dont le CA atteint 2,637 Md£ en 2019 (2,9 Md€) … autant de points également abordés dans cette interview.
William Rubens - © D.R.

William Rubens répond à News Tank

Quel bilan tirez-vous de l’accord signé entre Elsevier et la France ? Que faut-il en retenir ?

Cet accord, valable pour quatre ans (2019-2022), permet aux chercheurs de toutes les universités et instituts de recherche français d’avoir un accès homogène aux contenus d’Elsevier disponibles sur la plateforme ScienceDirect : concrètement, chaque chercheur, où qu’il soit en France, a accès à plus de 1 800 de nos revues scientifiques, technologiques et sciences humaines en un clic.

De plus, pour répondre aux objectifs du Gouvernement en matière de science ouverte, Couperin, le CNRSCNRSCentre national de la recherche scientifique et Elsevier soutiennent conjointement les ambitions du dépôt national Hyper Articles en Ligne (HAL).

Pour mémoire, nous publions 25 % de la recherche française. La totalité de cette production est mise en ligne automatiquement sur ce dépôt national après une période définie. Ces articles sont alors accessibles à tous les citoyens français, mais aussi au reste du monde. Elsevier contribue ainsi encore davantage au rayonnement de la science française.

Un accord avec la France "ambitieux et innovant"Enfin, nous avons travaillé à encourager, via de nouveaux dispositifs, les publications françaises en Gold open access (voie dorée). C’est-à-dire des publications immédiatement mises en libre accès sur ScienceDirect pour la France et le reste du monde.

Cet accord ambitieux et innovant répond aux différentes orientations des pouvoirs publics en matière d'égalité d’accès à la science sur le territoire, d’intégrité scientifique et de science ouverte.

Les récents accords signés par Elsevier avec les Pays-Bas et la Suisse constituent-ils un tournant stratégique d’Elsevier vers des accords dits « transformants » ?

Au cours des 12 derniers mois, Elsevier a conclu, dans le monde entier, de nombreux accords pilotes qui soutiennent les ambitions des institutions et des consortiums universitaires en faveur de la science et de la recherche en libre accès. Les deux que vous citez en font partie.

Chacun de ces accords est adapté aux besoins spécifiques de nos partenaires, allant des services de lecture et de publication à des domaines plus larges tels que la reproductibilité, la transparence et la collaboration dans la recherche.

Notre objectif est de tester et d’apprendre, afin de mieux comprendre comment nous pouvons répondre aux différents besoins de nos clients et partenaires. Elsevier reste ainsi fidèle à sa raison d'être en offrant des services numériques uniques et des contenus inédits à l’attention des chercheurs pour les accompagner dans leurs travaux et faire avancer la science.

Où en sont les négociations d’Elsevier avec l’Allemagne ?

Nous restons en dialogue étroit avec la Hochschulrektorenkonferenz (HRK - la Conférence des présidents d’universités allemandes) et les deux parties ont exprimé publiquement leur désir de parvenir à un accord d’ici la fin de l’année.

Allemagne : parvenir à un accord d’ici la fin de l’annéeBien que les deux parties soient désireuses de retourner à la table des négociations, nous comprenons que la HRK doit régler un certain nombre de questions avant que les négociations puissent reprendre. La principale d’entre elles est l’adaptation du système de financement allemand pour se préparer à un modèle économique de plus en plus centré sur la publication.

Nous reconnaissons, surtout dans ce contexte d’incertitudes, que la flexibilité est très importante, et nous restons donc prêts à aller de l’avant chaque fois que la HRK le souhaite et est en mesure de le faire.

Quelles sont les autres négociations en cours et à venir menées par Elsevier ?

Vous comprendrez que nous ne faisons pas de commentaires sur les négociations en cours ou à venir avec les clients.

Chez Elsevier, que pensez-vous du plan S européen pour la science ouverte et de ses récentes évolutions ?

L’Europe est assurément en avance en matière d’adoption de la science ouverte, mais nous constatons également de nombreuses différences d’approche entre les pays et au sein de ceux-ci. Il est donc primordial que nous adaptions nos solutions et nos offres pour répondre aux besoins spécifiques de nos clients.

Cette capacité d’adaptation s’est concrétisée dans les récents accords conclus en France (soutien au modèle de Green open access - voie verte), en Suède (accord de lecture et de publication) ou aux Pays-Bas (partenariat plus large en matière de science ouverte).

Comment jugez-vous la stratégie française pour la science ouverte et de ses récentes évolutions ?

Nous pensons que la France est en pointe, notamment sur ce sujet, et a des objectifs très clairs qui reflètent bien les spécificités de la recherche française. Leader dans la recherche et l’innovation, la France est un partenaire clé pour Elsevier en Europe et dans le monde.

Science ouverte : la France est en pointeNotre accord actuel répond d’ailleurs très directement aux besoins de la France, y compris par la fourniture automatisée dans HAL d’articles publiés par nos soins et donc validés par les comités éditoriaux.

Cela permet de soutenir le plus efficacement possible les chercheurs en leur apportant un gain de temps considérable dans une période où leurs travaux sont de plus en plus complexes, attendus et essentiels.

Nous suivons de très près les différentes initiatives françaises pour nous assurer du renforcement à long terme de notre partenariat. Notre objectif est de continuer à soutenir l’excellence, la transparence et la diffusion de la recherche française.

Quels liens entretenez-vous avec le CosoCosoComité pour la science ouverte en France ?

Notre objectif est de soutenir pleinement la mise en œuvre de la stratégie française de science ouverte par notre savoir-faire et nos innovations technologiques. C’est pourquoi, depuis la création du Coso, Elsevier et d’autres éditeurs du secteur ont engagé des discussions pour être pleinement associés à ce processus. Nous sommes à disposition et pouvons être consultés dès que possible et de façon régulière comme tout partenaire devrait l'être.

Springer a signé la DoraDoraDeclaration On Research Assessment, pourquoi pas Elsevier ?

Au début du mois de juillet, Elsevier a annoncé qu’il approuvait le Manifeste de Leiden pour les métriques de la recherche. Le Manifeste de Leiden est un ensemble de recommandations pratiques et orientées vers l’action à destination de ceux qui sont engagés dans le pilotage de la recherche, de ceux qui sont évalués ou de ceux qui sont responsables de la conception et de la mise en œuvre des mesures et des indicateurs de la recherche.

Par l’intermédiaire de notre Centre international pour l'étude de la recherche (CIERS), Elsevier développe désormais ses propres outils et ses services d'évaluation de la recherche, conformément aux recommandations du Manifeste de Leiden.

Mais concrètement, quelle est la stratégie et le positionnement d’Elsevier en matière de science ouverte ?

Nous croyons fermement à l’accès ouvert et à l’accès à la connaissance pour tous. Nous sommes l’un des principaux éditeurs en libre accès dans le monde. Elsevier est résolument engagé à faire avancer la science et les systèmes de santé grâce à des dispositifs de communication et de savoir scientifiques plus ouverts, reproductibles et collaboratifs. Pour ce faire, nous travaillons avec toutes les parties prenantes et participons à toutes les initiatives gouvernementales, politiques et industrielles.

Il n’existe pas de modèle uniqueNous partageons le double objectif de renforcer la mise à disposition du public des résultats de recherche tout en garantissant la qualité et l’intégrité scientifique de ces contenus. Cela doit être fait d’une manière qui soit à la fois équitable pour le chercheur/auteur et viable sur le long terme pour l'éditeur partenaire. Et avec la garantie que des cadres innovants puissent être testés : rappelons-le, il n’existe pas de modèle unique.

Combien avez-vous de revues en open access (voie verte, hybride, dorée, etc.) ?

La quasi-totalité de nos 2 500 revues offrent déjà des options d’accès ouvert immédiat (voie dorée) et nous nous efforçons de trouver une voie durable pour l’étendre à tous nos titres. Toutes nos revues offrent une option d’accès libre (voie verte).

En 2019, nous avons publié près de 50 000 articles en libre accès, soit une augmentation de 40 % par rapport à l’année précédente. Nous travaillons en étroite collaboration avec nos clients et partenaires pour conclure des accords qui répondent à leurs ambitions en matière de libre accès.

Selon vous, qu’a révélé la crise de la Covid-19 concernant la publication des études scientifiques et l’open science ?

Dès janvier 2020, Elsevier a décidé de mettre gratuitement à disposition l’ensemble de ses contenus liés à la Covid-19 et ce pendant toute la durée de la pandémie. Depuis, plus de 41 000 documents ont été publiés sur le sujet par nos soins et l’ensemble des contenus a été téléchargé plus de 150 millions de fois. Nous avons également rendu accessibles des solutions numériques destinées aux professionnels de la santé, aux auteurs et aux chercheurs pour soutenir la lutte contre cette terrible pandémie.

Partager leur pre-print partout et à tout momentNous continuons à encourager les chercheurs, qu’ils soient financés par le gouvernement ou par d’autres sources, à mettre immédiatement à la disposition du public les manuscrits qu’ils soumettent à Elsevier - souvent appelés pre-print - gratuitement bien naturellement.

Par exemple, les chercheurs peuvent utiliser notre service SSRN, un serveur de pre-print qui génère 13,1 millions de téléchargements annuels. Ils peuvent également partager publiquement tous les documents de travail et les comptes rendus de leurs résultats de recherche. La politique d’Elsevier en matière de pre-print est simple : les auteurs peuvent partager leur pre-print partout et à tout moment.

Quels enseignements tirez-vous de cette crise ?

La crise sanitaire est toujours en cours et il est encore trop tôt pour en tirer des leçons. Nous restons concentrés sur le soutien aux personnels soignants en première ligne et aux chercheurs qui luttent contre la pandémie et multiplions les initiatives en concertation avec nos clients et partenaires.

Elsevier a ouvert des données médicales, mais très vite l’appel de la communauté a été d’ouvrir plus largement, car toutes les disciplines peuvent contribuer : est-ce que cela ne montre pas la limite du modèle d’Elsevier ?

Comme nous l’avons fait pour d’autres crises sanitaires, nous avons créé des ressources gratuites, notamment des manuels et des conseils cliniques, afin de soutenir les efforts extraordinaires des personnels de santé et de la recherche qui luttent en première ligne contre le coronavirus.

En ce moment, plus de 41 000 articles sur la Covid-19 et des articles connexes sont disponibles gratuitement pour être lus, téléchargés et exploités, en plus des ajouts quotidiens.

Ces articles ont été téléchargés plus de 150 millions de fois. Nous avons également mis ce corpus à la disposition de PubMed Central, l’archive des sciences biomédicales et des sciences de la vie de la Bibliothèque nationale de médecine des Instituts nationaux de la santé des États-Unis. Il en va de même pour d’autres plateformes de dépôts institutionnelles ou nationales financées par des fonds publics dans le monde entier, comme la base de données Covid de l'OMSOMSOrganisation mondiale de la santé. Et cela perdurera aussi longtemps que nécessaire.

Quelles sont les principales nouvelles d’Elsevier, actuelles et à venir ?

Au cours du premier semestre, notre croissance est limitée à 1 %, principalement portée par les abonnements électroniques, tandis que les abonnements papier sont touchés par la crise. Parallèlement, nous avons lancé 50 nouvelles revues. La croissance du nombre d’articles soumis s’est accélérée, tant pour les revues en abonnement que pour les revues en libre accès.

Notre croissance est limitée à 1 % Aux Pays-Bas, nous avons signé un important partenariat de science ouverte avec des institutions de recherche, avec pour objectif de soutenir leurs ambitions en matière de recherche et d’innovation. Cet accord intègre la mise à disposition de nos solutions numériques comme Scopus, Scival, ClinicalKey et Pure.

Pour nos clients du monde de la santé, nous poursuivons le lancement de nouveaux produits, dont ClinicalKey Student récemment.

Quel équilibre pour l’avenir entre revenus liés à votre activité historique (revues scientifiques) et activités de service (notamment aide à la décision via les datas) ?

Les priorités stratégiques d’Elsevier sont de continuer à augmenter le volume et la qualité de notre contenu, tout en élargissant les domaines de recherche que nous couvrons. En 2019, nous avons publié près d’un demi-million d’articles de recherche, soit une augmentation de 60 % au cours des dix dernières années. En 2019, nous avons également lancé six nouvelles revues en abonnements et 100 revues en libre accès.

Un demi-million d’articles publiés en 2019Pour développer nos solutions et nos outils d’aide à la décision, nous combinons dorénavant nos propres données, celles de tiers et celles de nos clients. Notre base de données Scopus permet d’analyser plus de 76 millions de publications dans 25 000 revues, provenant de plus de 5 000 éditeurs.

Le développement de « contenus intelligents » ouvre la voie à de nouvelles solutions numériques qui combinent capacités d’analyse et technologies tout en donnant la priorité à l’efficacité opérationnelle. SciVal, par exemple, permet d’analyser les performances de recherche de plus de 16 000 institutions.

Quelle part des revenus d’Elsevier est liée aux publications scientifiques (abonnements pour lire, APC, etc.) et quelle part aux services ?

Nous nous appuyons sur nos revues phares pour améliorer constamment la qualité de notre contenu. Dans le même temps, nous publions toujours plus d’articles grâce au lancement de nouvelles revues, à l’expansion des revues en libre accès et à la croissance des marchés émergents.

Nous continuons également à innover et développer nos plateformes avec la mise en œuvre de nouvelles fonctionnalités telles que les recommandations avancées sur ScienceDirect ou la collaboration sociale via notre gestionnaire de référence et outil de collaboration Mendeley.

L'édition scientifique n’est qu’un des éléments constitutifs de nos revenus.

Notre activité mondiale dans le domaine des outils d’aide à la décision clinique et l’ensemble de nos produits technologiques sont également inclus dans nos données chiffrées. Si notre activité d'édition est restée forte avec plus de 2 millions d’articles soumis en 2019, nous constatons également une augmentation de l’utilisation de nos outils d’analyse de données et de décision.

Quelques chiffres sur la santé financière d’Elsevier ?

Le chiffre d’affaires d’Elsevier pour l’exercice clos le 31/12/2019 s'élève à 2 637 millions de livres sterling, contre 2 538 millions en 2018 et 2 473 millions en 2017.

Que répondez-vous à ceux qui disent qu’Elsevier fait payer trop cher ses services ?

Au cœur de tout ce que nous faisons, il y a toujours l’objectif d'être le leader de notre marché en publiant les travaux de recherche les plus marquants tout en pratiquant une politique tarifaire inférieure à celle du marché. Il vous suffit de comparer nos tarifs avec ceux d’autres sociétés d'édition du même secteur.

Chaque jour, quelque 8 000 employés d’Elsevier, 22 000 rédacteurs, 80 000 membres du comité de rédaction et un réseau de 800 000 pairs examinateurs soutiennent les 2 500 revues d’Elsevier dans un large éventail de disciplines de recherche.

Notre obsession est la qualité : alors qu’entre 2014 et 2018 nous avons publié environ 18 % des articles scientifiques du monde entier, ceux-ci ont reçu 26 % des citations, un indicateur clé de l’impact et de la qualité des articles que nous publions.

Une autre conséquence directe de cette obsession quotidienne pour la qualité est le nombre record de soumissions d’articles dans nos revues : plus de 2 millions d’articles nous ont été soumis tandis que nous n’en publions finalement qu’un quart en raison de nos exigences éditoriales.

Elsevier est une société qui communique très peu dans les médias. Pourquoi ? Et cela va-t-il évoluer ?

Notre petite équipe de communication continue à s’engager auprès des médias sur tous les marchés et s’est spécifiquement concentrée ces derniers mois sur la promotion du contenu et des solutions mises à disposition gratuitement de la communauté pour soutenir la lutte contre la Covid-19. Tant que cette menace persistera, nous nous engageons à multiplier les initiatives et à communiquer en ce sens.

William Rubens
Fiche n° 40347, créée le 04/09/20 à 19:06 - MàJ le 07/09/20 à 14:42

William Rubens



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Elsevier
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Juillet 2013 Aujourd'hui
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2007 2009
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1998 2007
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Diplômé en marketing training 2006 à 2006
2006 2006
Êtablissement & diplôme Année(s)
HEC Paris
Diplômé en management training 2007 - 2007
2007 2007
ESG
Diplômé 1995 - 1998
1995 1998

Elsevier
Fiche n° 4718, créée le 16/02/17 à 02:50 - MàJ le 14/06/19 à 12:20

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Elsevier est un groupe éditorial, filiale de la multinationale néerlando-britannique Relx Group. C’est l’un des plus gros éditeurs mondiaux de littérature scientifique.


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