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Face au Covid-19, « le réseau des Crous tient, comme toujours » (Dominique Marchand)

Paris - Publié le jeudi 26 mars 2020 à 17 h 06 - n° 178888 « Nous nous adaptons au fur et à mesure, en fonction des consignes nationales. Le CnousCnousCentre national des œuvres universitaires et scolaires est en relation permanente et étroite avec les directeurs généraux des CrousCrousCentre régional des œuvres universitaires. Et globalement, nous constatons que le réseau tient, comme toujours. Même si cela demeure compliqué sur certains points », déclare Dominique Marchand, président du Cnous, à News Tank, le 26/03/2020.

L’un des sujets majeurs pour les Crous sont les étudiants demeurant encore en résidence qui représentent, en moyenne, 35 à 40 % du total des résidents : « leur accompagnement est le point majeur sur lequel nous nous concentrons ». Ainsi, le Cnous souhaite travailler à « la création de moments conviviaux et de partage ou encore de production culturelle. Il faut que le lien à la fois social et d’activité puisse continuer à exister ».

Concernant l’organisation dans les Crous, « les directeurs généraux ont organisé le télétravail pour tous les personnels qui pouvaient l’être, puis ont organisé le roulement des équipes mobilisées en présentiel, car le sujet majeur est d’assurer le fonctionnement des résidences ».

Autre sujet de préoccupation : les bourses. Si leur versement reste effectif malgré les circonstances, elle constate que les dossiers de demandes de bourses sont en baisse de 16 % par rapport à la même date en 2019. « Nous pouvons comprendre que les étudiants sont préoccupés par d’autres sujets, qu’ils se posent des questions sur l’année en cours, mais il faut également penser à l’année suivante. »

Enfin, elle indique que la vigilance des Crous doit être renforcée à l’avenir sur la « possibilité d’offrir un soutien psychologique à distance aux étudiants, auquel s’ajoutent les initiatives qui encouragent le lien convivial à distance ».

« Une fois que l’on constate que les services administratifs fonctionnent, il n’y a pas de raison pour que cela change dans les prochaines semaines. Désormais ce sont ces sujets d’accompagnement des étudiants qui sont importants. »
Dominique Marchand, présidente du Cnous - © Cnous
Dominique Marchand, présidente du Cnous - © Cnous

Le recours au télétravail, mais des activités demeurent en présentiel

Le CnousCnousCentre national des œuvres universitaires et scolaires et les CrousCrousCentre régional des œuvres universitaires ont mis en place le télétravail avec des consignes en ce sens, « pour tous les personnels dont les fonctions le permettaient », entre le 16 et le 17/03/2020. « C’est ainsi que nous avons dû revoir l’organisation du Cnous afin de mettre en œuvre le plan de continuité de l’activité », déclare Dominique Marchand.

« Même si une partie des personnels télétravaillait déjà un jour par semaine, c’est différent de s’installer dans du télétravail en continu et pour une période longue. Nous avons également transmis ces consignes dans les Crous, par exemple sous la forme d’un guide du télétravail.

Il a fallu par ailleurs mettre en œuvre l’organisation technique, vérifier les dotations en matériel, diffuser des tutoriels pour ce qui concerne les accès distants selon les applicatifs, établir la connexion entre tous selon des modalités adaptées et l’animation du réseau. »

Des visioconférences régulières, « qui fonctionnent remarquablement bien », sont par ailleurs organisées entre les équipes du Cnous, « et nous le faisons également avec les directeurs généraux des Crous ».

Elle indique que « les échanges par mail s’avèrent extrêmement nombreux, au point qu’au bout de quelques jours, nous avons choisi de nous discipliner et de n’envoyer aux directeurs généraux de Crous que deux messages journaliers à heure fixe ». Les contacts directs par téléphone demeurent importants « pour un échange réactif ».

Le réseau compte 12 700 personnels dont 8 200 occupent la fonction d’ouvrier technique. « Ce sont ces derniers dont le travail ne peut être réalisé à distance », précise la présidente.

« Lorsqu’il y a besoin d’une intervention directe en résidence, par exemple, nous n’effectuons que la maintenance impérative, mais l’entretien et la sécurité ainsi que le lien avec les équipes qui sont responsables de l’unité de gestion sont maintenus. »

Cas de Covid-19 : « quelques personnels présentent des symptômes » tout comme une « poignée » d'étudiants en résidence

Le réseau des œuvres recense « quelques personnels qui présentent des symptômes du Covid-19 ». « Ils sont assez épars sur le territoire et ne sont vraiment pas de nature à constituer un foyer », précise Dominique Marchand. En outre « aucun n’est dans une situation grave, les mesures de confinement et de suivi ont été prises. Il n’y a pas d’alerte particulière ».

Concernant les étudiants, « nous constatons pour l’instant que quelques-uns en résidence pourraient être touchés. Il s’agit d’une poignée sur le territoire ».

« Ils ont été identifiés, accompagnés et suivis. Les Crous se sont organisés afin de respecter les procédures nationales, notamment en lien avec les services de santé universitaires. »

Bourses : l’instruction et la mise en paiement assurées

« L’organisation en télétravail fonctionne également pour la gestion des bourses, car nous assumons la mise en paiement mensuelle et sommes en pleine période d’instruction des nouveaux dossiers », déclare la présidente du Cnous.

« Assurer l’instruction et la mise en paiement des bourses sur critères sociaux est l’une de nos priorités dans notre plan de continuité d’activité. Nous nous sommes assurés que toute la chaine fonctionne, avec les rectorats et les DRFIPDRFiPDirection régionale des finances publiques. »

En outre, Dominique Marchand souligne que les Crous sont « plus performants qu’en 2019, car la dématérialisation renforcée que nous avons mise en place fait gagner du temps aux étudiants, mais aussi aux équipes des Crous ».

Étudiants en résidence : « sujet majeur » des Crous

L’autre « sujet majeur » des Crous est « celui des étudiants demeurant dans nos résidences ». La présidente du Cnous rappelle que le réseau a « invité les étudiants qui le pouvaient à rejoindre et à rester dans leur domicile familial, car nous pensons que c’est mieux pour eux ». Mais, « aucune résidence du Crous n’a fermé ».

En effet, « ils restent des étudiants dans les résidences, et c’est tout à fait compréhensible, notamment des étudiants internationaux, ultra-marins, mais aussi du territoire métropolitain, qui n’ont pas pu ou voulu rejoindre leur domicile ou pour qui le logement du Crous est leur domicile. »

Par ailleurs, Dominique Marchand indique que « les mesures concernant les résidences du Crous prises par la ministre [le 19/03] permettent de ne pas appliquer le mois de préavis contractuel pour les étudiants partis en raison des mesures de confinement ».

« À compter d’avril, le loyer des étudiants qui ont quitté leur résidence et qui nous l’ont signalé, même en laissant dans le logement une partie des affaires personnelles, ne sera pas dû. D’autre part, nous sommes en train de finaliser notre travail avec la CnafCnafCaisse nationale des allocations familiales pour que les aides au logement s’adaptent, y compris pour le retour, afin de sécuriser les étudiants. »

En outre, elle ajoute que « pour les étudiants qui étaient logés jusque-là et qui sont partis, le parc permettra de répondre à leur demande de logement à leur retour ».

Pour les étudiants étrangers, un accompagnement similaire

« Les étudiants étrangers sont accompagnés de la même manière que les étudiants français, car ils sont confrontés aux mêmes difficultés, auxquelles peut s’ajouter la barrière de la langue », déclare Dominique Marchand.

« Nous accompagnons tous les étudiants de la même façon, et nous veillons à la traduction des directives et informations afin qu’elles soient compréhensibles par tout le monde. »

Les personnels mobilisés, avec des dispositions particulières

Les Crous « font face à des difficultés inhérentes à toute entreprise, nous devons veiller à la protection des personnels, notamment des plus fragiles ».

Le réseau a par ailleurs fait appel aux équipes de restauration disponible, « sur la base du volontariat », afin de créer des roulements dans les résidences, « de quelques heures par jour ». « Nous savons que la solidarité fonctionne bien au sein du réseau. » En outre, ils s’appuient sur des personnels d’astreinte.

« Par ailleurs, nous avons fait appel à la vigilance des étudiants afin qu’ils respectent les gestes-barrière et le confinement, nous leur signalons les horaires des personnels pour éviter les contacts lorsque se fait le ménage par exemple. »

Un « renforcement des liens » avec les services de santé universitaires

Un décret du Premier ministre et la ministre de l'EsriEsriEnseignement supérieur, recherche et innovation du 18/03 étend les compétences des services de santé universitaire pendant la durée des mesures prises pour lutter contre l'épidémie de Covid-19, afin d’assurer « le suivi sanitaire des étudiants, notamment ceux qui sont isolés et ceux qui sont hébergés dans les résidences étudiantes, ainsi que le suivi sanitaire des personnels de ces résidences ».

Si « les étudiants dans les résidences étaient déjà suivis par les services de santé universitaires », Dominique Marchant estime que le décret a eu « un effet positif de renforcement des liens » entre les Crous et les services de santé universitaire.

« J’ai fait le point avec les directeurs généraux des Crous, et, globalement, sur tout le territoire, l’articulation se précise afin que soit mise en place une procédure conjointe pour bien assurer le suivi et partager les informations de manière plus efficace. »

« Quasiment tous les lieux de restauration universitaire sont fermés »

Lorsque le président de la République a annoncé, le 12/03, la fermeture des universités à partir du 16/03, le réseau a « envisagé l’incidence pour les Crous concernant la restauration ». « Ainsi, à partir du 16/03, la restauration assise a été arrêtée. »

« En effet, même avec l’application de gestes-barrière et d’une régulation des flux, la restauration collective reste un lieu de contacts importants. Ainsi, nous avons choisi de maintenir, le plus possible, les ventes à emporter, à ce moment-là. »

Mais, depuis les décisions du Premier ministre de fermeture des restaurants, « quasiment tous les lieux de restauration universitaire sont fermés » au 25/03. Les Crous ont essayé d’organiser des alternatives, « comme à Poitiers où un distributeur de pizzas faites par le Crous continue de fonctionner ».

« Ces fermetures s’expliquent par la décision nationale concernant la restauration, d’autant que même s’il reste des étudiants dans les résidences, énormément d’étudiants ne fréquentent plus les campus, et il est compliqué dans le même temps d’organiser des services de restauration pour une activité plus faible et des volumes réduits. »

Dominique Marchand indique que les centres régionaux « restent bien sûr attentifs aux besoins des étudiants. Les salles collectives des résidences ont été fermées, mais pas leurs cuisines. Ils peuvent également joindre le responsable de la résidence ou le veilleur à tout moment ».

CVEC : un levier d’aide aux étudiants, notamment via des cartes d’approvisionnement à distance

« Nous essayons de prendre en compte toutes les situations de précarité », indique Dominique Marchand, qui présente deux leviers d’aides :

  • « les aides spécifiques, via nos assistantes sociales, avec lesquelles nous pouvons soutenir des étudiants avec des problématiques pour se nourrir et vivre au quotidien ;
  • le levier de la CVECCVECContribution de vie étudiante et de campus avec la part qui nous revient ».

Frédérique VidalFrédérique Vidal, ministre de l’Esri, a en effet annoncé, le 19/03, que la CVEC pourrait « dans les meilleurs délais financer des bons d’achat de première nécessité à destination des étudiants qui en ont le plus besoin, notamment ceux qui sont confinés en résidence universitaire ».

« Ainsi, à partir d’une initiative du Crous de Montpellier, suivie par de nombreux Crous, nous avons acheté des cartes d’approvisionnement à distance afin de les transmettre aux étudiants en difficulté », précise la présidente du Cnous.

« Cela nous permet de leur fournir à distance ces bons d’achat de première nécessité. Dans le cadre d’un marché négocié, les cartes sont valables dans plusieurs enseignes de la grande distribution. Nous veillons à ce qu’elles correspondent aux commerces à proximité des résidences des étudiants. »

Une « connexion à internet de bonne qualité » dans les résidences, mais les Crous pas encore saisis du sujet de l'équipement informatique

Une « connexion à internet de bonne qualité » dans les résidences, mais les Crous pas encore saisis du sujet de l'équipement informatique

Sur la question des difficultés de certains étudiants à avoir accès à des outils informatiques pour suivre leur cours à distance, Dominique Marchand « ne croit pas que les Crous aient été saisis du sujet de l’équipement informatique des étudiants, pour le moment ».

« Les étudiants logeant dans nos résidences sont en revanche assurés d’avoir une connexion internet de bonne qualité. Certains étudiants ont d’ailleurs choisi de rester dans les résidences pour en bénéficier afin de suivre les cours et peut-être les examens. »

« Nous sommes arrivés à nous adapter »

« En toute honnêteté, nous sommes arrivés à nous organiser au fur et à mesure, avec la difficulté de s’adapter au jour le jour, en fonction des préconisations gouvernementales », déclare Dominique Marchand.

« Toutes les fonctions sont maintenues, la gestion des bourses, l’activité des assistantes sociales qui est majeure dans cette période, le fonctionnement des résidences. »

Elle tire deux conclusions positives à ce stade de la crise :

  • « la mobilisation entre les services de santé universitaires et nos services dans une dimension partenariale avec les universités ;
  • le fait que nous soyons attentifs à l’ensemble des étudiants et pas uniquement ceux des universités, mais aussi à ceux des écoles ou autres établissements de la même manière ».

Le sujet du télétravail peut être amélioré selon elle, notamment « dans les PCAPCAPlan de continuité d’activité à venir afin que nous soyons mieux préparés ». « C’est un sujet sur lequel nous avons pris des mesures organisationnelles. »

« Il rejoint un des chantiers déjà engagés avant la crise, celui de la façon d’adapter davantage nos services aux usagers, en fonction des différents canaux de communication qu’ils utilisent comme les réseaux sociaux. C’est un chantier qui prend plus d’acuité aujourd’hui. »

Dominique Marchand

Fiche n° 18764, créée le 26/08/16 à 17:20 - MàJ le 07/04/20 à 10:41

Dominique Marchand



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Fiche n° 1956, créée le 05/05/14 à 12:26 - MàJ le 16/11/16 à 14:45

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