[Think 2026] « Promouvoir la diversité en science, c’est montrer sa robustesse » (G. Leblanc, Elsevier)
« Promouvoir la diversité en science, c’est montrer la robustesse de la science, sa crédibilité et sa légitimité au sein de la société », déclare Guillaume Leblanc
Directeur des affaires institutionnelles, France et Europe du Sud @ Relx Group
, directeur des affaires publiques de Relx-Elsevier, lors d’une keynote intitulée « La diversité comme boussole pour une science responsable », durant Think Éducation & Recherche 2026 à Sorbonne Université, le 05/02/2026.
Selon lui, la diversité scientifique n’est pas tout à fait un acquis. « L’époque est assez paradoxale. La connaissance n’a jamais été aussi accessible, les thèmes de recherches jamais aussi nombreux et variés, et pourtant le risque de voir cette science se fragmenter, se standardiser, voire parfois disparaître n’a jamais été aussi grand. C’est ce qu’on voit de notre posture d’éditeur aujourd’hui. »
« Lorsque les financements s’effondrent, voire même s’arrêtent du jour au lendemain, pour certaines institutions dans certains pays ; lorsque la liberté académique ou la liberté de publier sont entravées ; lorsque les données scientifiques, qui apportent des réponses à des enjeux de société, climatiques ou de santé publique, se tarissent ; alors nous sommes tous perdants. »
Il met en avant trois aspects défendus par Elsevier :
• la diversité de genre, la France se situant dans la moyenne européenne sur les publications scientifiques avec 40 % de femmes parmi les auteurs actifs en 2022 selon une étude menée par l’éditeur en 2024 ;
• la diversité territoriale, avec pour la première fois en 2025 une contribution des pays dits moins développés (dont la Chine) à plus de 60 % des publications mondiales ;
• la bibliodiversité.
Il estime aussi qu’à certaines conditions, « l’IA
Intelligence artificielle
pourra devenir un véritable accélérateur de diversité et nous serons tous gagnants ».
Diversité de genre : « Dans la plupart des pays en Europe, la majorité des auteurs actifs publiant sont majoritairement des hommes »…
Concernant la diversité de genre femme-homme, « une étude menée en 2024 par Science Europe le démontrait : les actions et démarches en faveur de la diversité de genre [menées par les institutions de l’ESR Enseignement supérieur et recherche en Europe] sont les plus visibles et les plus importantes, et sans doute les plus abouties. Et aujourd’hui, beaucoup d’institutions en France, comme le CNRS Centre national de la recherche scientifique , Inrae Institut national de recherche pour l’agriculture, l’alimentation et l’environnement ou d’autres, mènent des actions sur ce terrain », indique Guillaume Leblanc.
« Les publications scientifiques l’illustrent également. Elles sont un bon indicateur de la répartition hommes/femmes. Elles confirment, malheureusement sans surprise, que dans la plupart des pays en Europe, la majorité des auteurs actifs qui publient sont encore des hommes (58 % en moyenne dans l’UE Union européenne -27), à l’exception du Portugal (48 %) même si cette particularité est notamment focalisée sur les jeunes chercheurs », ajoute-t-il en s’appuyant sur une revue menée par Elsevier en 2024.
Avec 60 % d’hommes contre 40 % de femmes parmi les auteurs actifs, « la France se situe dans la moyenne européenne ». Les écarts sont moins élevés pour les travaux de recherche menés sur des thèmes liés au développement durable (55 % d’hommes en France, et 54 % en moyenne dans l’UE-27).
…mais « les femmes sont plus souvent moteurs de l’innovation »
Mais « les travaux de recherches menés par des femmes sont davantage cités dans les brevets. C’est un fait intéressant sur l’efficacité des publications et des travaux de recherche des femmes. Cela signifie que les femmes sont plus souvent moteurs de l’innovation et c’est heureux », indique Guillaume Leblanc.
Intégrité scientifique : « un sujet stratégique pour la recherche »
Guillaume Leblanc évoque les enjeux d’intégrité scientifique : « Autant la science est plurielle, autant l’intégrité scientifique doit être unique. C’est un sujet stratégique pour la recherche, surtout en ce moment. »
Il indique qu’Elsevier vise la parité hommes/femmes dans les comités de rédaction chargés du peer-reviewing pour certaines revues, et a rendu transparent le genre des rédacteurs en chef depuis 2021 pour plus de 500 revues. Le taux de féminisation dans les comités de rédaction est actuellement de 35 % en moyenne, et de 38 % en France. « Et dans les revues Elsevier Masson, qui sont spécifiquement sur la France, aujourd’hui 50 % des recrutements dans les comités de rédaction sont des femmes », ajoute-t-il.
Diversité territoriale : « Le paysage mondial de la recherche a atteint un tournant historique »
Sur la diversité de territoire, « le paysage mondial de la recherche en 2025 a atteint un tournant qu’on pourrait qualifier d’historique. Pour la première fois, les pays les moins développés contribuent désormais à plus de 60 % des publications mondiales. C’est une inflexion majeure. On constate que les taux de publication dans ces pays sont maintenant trois fois supérieurs à ceux des pays dits développés », indique Guillaume Leblanc précisant que la Chine est encore comptée dans les pays en développement.
France : « les régions, si on les met ensemble, ont un volume de recherche à peu près équivalent à celui de Paris »
« En ce qui concerne la France, on retrouve la traditionnelle dualité entre Paris et la province. Il est clair que la région parisienne a souvent un temps d’avance et produit la plus grande part de la recherche en France comparativement à l’ensemble des régions. Mais, les régions, si on les met ensemble, ont un volume de recherche à peu près équivalent à celui de Paris », indique-t-il.
Un rayonnement dans les territoires
« Surtout, cette excellence de la recherche rayonne dans nos territoires », ajoute Guillaume Leblanc. Il prend pour exemple le festival Tech & Fest organisé à Grenoble, où Elsevier lançait le 04/02/2026 en partenariat avec News Tank et l’Université Grenoble Alpes le concept de « Territoires de savoir », pour mettre en avant le rôle de l’université dans son écosystème et favoriser le dialogue entre mondes académique, politique et économique, qui sera décliné à travers des conférences tout au long de l’année 2026.
« À Grenoble, j’ai été bluffé par la puissance de l’UGA Université Grenoble Alpes , du CEA Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives et d’autres institutions ; par la manière dont elles arrivent à coaliser cette dynamique et faire émerger des entreprises très grosses, comme STMicroelectronics qui est très connue, mais aussi des pépites Xpdeep ou Lynred qui sont moteurs de l’innovation. Cela montre comment cette université dans son écosystème, que l’on appelle “4.0”, permet de rayonner, notamment dans un contexte budgétaire un peu tendu. »
Bibliodiversité : « Un rôle central » des éditeurs
D’après Guillaume Leblanc, les éditeurs jouent « un rôle central » pour préserver la diversité scientifique, avec un enjeu d’accessibilité territoriale.
« C’est le sens de la licence nationale que nous avons renouvelée plusieurs fois avec le consortium Couperin Consortium universitaire de périodiques numériques . Elle est très importante pour nous et pour l’écosystème […]. C’est un maillage territorial incroyable et cela nous permet d’apporter notre savoir scientifique, nos revues, sur l’ensemble du territoire. Que vous soyez chercheur à Nanterre, dans les territoires ultramarins ou à l’Université de Bretagne Sud, vous avez accès aujourd’hui à l’ensemble de nos ressources. »
Ces ressources rassemblent selon lui 3 300 revues et journaux, dans 24 grandes disciplines et 238 sous disciplines ; représentant environ 17 % de la production mondiale de recherche et 29 % des citations mondiales.
Science ouverte : « nous avons joué notre rôle »
« L’enjeu est collectivement de garantir que les travaux des chercheurs puissent sortir du labo et être exposés, dans le respect de la liberté académique - qu’on peut parfois oublier », déclare Guillaume Leblanc.
« Ouvrir la science, me direz-vous. C’est un mouvement que nous avons accompagné. Mais la science ouverte, ce n’est pas uniquement rendre des articles gratuits. C’est plutôt créer les conditions d’une diffusion la plus large possible des articles scientifiques, mais en y apportant notre caution éditoriale, en veillant à innover, à développer des modèles économiques soutenables pour tous, et dans une logique de conciliation des intérêts. »
Selon lui, « dans cette dynamique, nous avons joué notre rôle et aujourd’hui beaucoup de revues permettent une publication en libre accès, notamment chez Elsevier, mais aussi chez d’autres éditeurs. En France, nous sommes devenus un des premiers contributeurs de la science ouverte. Notre accord dit global avec le consortium Couperin nous permet de mettre en avant le fait que 69 % des publications des auteurs correspondants français étaient en libre accès en 2025. Nous sommes également l’un des contributeurs, et peut-être le premier, de la plateforme HAL
Hyper Articles en Ligne, plateforme d’archives ouvertes
».
Il évoque aussi le partenariat entre la Fondation Elsevier et la revue scientifique The Lancet pour « soutenir les travaux de recherche dans les pays en développement qui mettent en avant des résolutions aux défis sanitaires ou climatiques, leurs populations étant souvent assez exposées. Nous aidons les chercheurs, notamment les jeunes, en leur donnant la possibilité d’être publié dans The Lancet pour accroître leur visibilité ».
Intelligence artificielle : des outils utilisés par 58 % des chercheurs pour leurs travaux
Il évoque en conclusion « l’éléphant au milieu de la pièce », à savoir l’intelligence artificielle. « Les conditions de son déploiement sont structurantes pour la recherche, pour les chercheurs et pour l’institution, et nous vivons nous aussi cette révolution. »
« L’usage se démocratise et c’est tant mieux : nous avons fait une étude il y a quelques mois auprès de 2 000 chercheurs dans de nombreux pays qui démontre que plus de la moitié des répondants (58 %) utilisent des outils d’IA dans leurs travaux de recherche », constate-t-il.
Avoir une IA responsable est selon lui un « combat collectif » : « L’IA cela peut être un formidable accélérateur pour les chercheurs, pour la connaissance, etc. Mais l’IA peut aussi nous enfermer dans nos bulles de connaissance, nous conforter dans notre vision du monde, aliéner le chercheur, et quelque part réduire la curiosité de la démarche scientifique. »
Des prérequis pour que l’IA devienne un « accélérateur de diversité »
Il liste plusieurs prérequis selon lui « indispensables » :
- « La transparence et l’explicabilité des modèles : veillons à essayer de comprendre ce qu’il y a dans la boîte noire.
- La supervision humaine, parce que l’IA doit être un allié et non un substitut de la réflexion humaine. L’objectif est que le chercheur puisse ne pas tout déléguer, mais reste maître de ses hypothèses, de sa méthodologie et de ses conclusions.
- Des mesures correctrices robustes pour lutter contre les biais et les préjugés injustes : parce que souvent l’IA hallucine, ment, n’est pas toujours très fiable, donc il faut repasser derrière.
- Protéger les droits des chercheurs, et au-delà de la recherche le droit d’auteur. Parce que les LLM Grand modèle de langage sont prompts à ingurgiter tout et n’importe quoi, y compris des preprints et des travaux mis librement sur ChatGPT. Cela percute clairement la valeur du travail intellectuel humain. »
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Guillaume Leblanc
Directeur des affaires institutionnelles, France et Europe du Sud @ Relx Group
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Parcours
Directeur des affaires institutionnelles, France et Europe du Sud
Directeur des affaires publiques France et Europe
Trésorier
Membre
Directeur général
Collaborateur parlementaire du député (UMP) Franck Riester
Chargé de mission pour la campagne des élections européennes
Établissement & diplôme
Master 2 Presse et communication économique et sociale
Fiche n° 55235, créée le 03/11/2025 à 09:55 - MàJ le 25/02/2026 à 11:35
Elsevier
Elsevier est une entreprise mondiale spécialiste de l’information scientifique, filiale de la multinationale néerlando-britannique Relx Group. Elsevier fournit des solutions et des outils numériques dans les domaines du pilotage et de l’analyse de la recherche, de la performance de la R&D, de l’aide à la décision clinique et de la formation professionnelle, notamment ScienceDirect, Scopus, SciVal, Pure ClinicalKey et Sherpath.
Catégorie : Entreprises
Adresse du siège
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Radarweg 29
V.A.T. reg. No : NL005033019B01
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Fiche n° 4718, créée le 16/02/2017 à 02:50 - MàJ le 25/02/2026 à 11:37

