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« La responsabilité sociétale des communicants de l’ESR est de nourrir le débat public » (Yvan Boude)

Paris - Publié le jeudi 26 mars 2020 à  9 h 00 - n° 178814 « Dans une situation de crise comme aujourd’hui, beaucoup de choses sont dites et interprétées. D’où cette nécessité d’expliquer encore plus les mots de la science et le fonctionnement de la recherche, de donner à voir ce que font les chercheurs, montrer que cela prend du temps », déclare Yvan Boude, directeur de la communication du CnamCnamConservatoire national des arts et métiers à News Tank, le 24/03/2020.

Les communicants de l’ESRESREnseignement supérieur et recherche ont selon lui, un rôle majeur à jouer. « Notre plus grande responsabilité sociétale est de faire quelque chose de toute la matière scientifique qui provient de nos établissements, pour nourrir le débat public, permettre aux gens de s’informer et comprendre le monde qui nous entoure, et lutter contre le désordre informationnel. »

Depuis le 19/03, le Cnam propose chaque jour à 15 heures (week-end compris) une « récréation » sur le site internet, autour d’un sujet différent. « On s’est dit que les gens allaient avoir plus de temps pour s’informer, découvrir des choses, et nous pour produire des contenus », ajoute Yvan Boude. « Avoir un horaire fixe apporte un repère dans la journée, aide les gens à garder une notion du temps, à s’organiser ».

Pour ce qui est des sujets choisis, l'équipe a pu s’appuyer « dans un premier temps sur des choses déjà en stock et qu’on peut facilement mettre en avant. Mais, de plus en plus, nous allons créer des contenus distinctifs, en nous appuyant sur les enseignants-chercheurs du Cnam, et en variant les approches : articles, vidéos, photos, etc. »

Sur le plan technique, il estime que le confinement « donne un vrai défi aux communicants pour résoudre des problèmes qu’ils ne se posent pas d’habitude », et qu’il faut « faire avec ce qu’on a, même quand chez soi, on n’a pas toujours le bon ordinateur ou logiciel de montage, ou qu’on ne peut pas envoyer un photographe sur place. »

« Finalement, on montre aussi que c’est le contenu qui prime et pas le contenant. Et qu’avec un peu de bonne volonté, et pas forcément beaucoup de moyens, on peut sortir des choses qui intéressent les gens », ajoute-t-il.
Yvan Boude

Des rendez-vous quotidiens et thématisés

L'équipe communication du CnamCnamConservatoire national des arts et métiers fait des réunions chaque jour, « pour échanger sur nos sujets en cours, nos idées ». Puis chacun remplit un outil collaboratif « où il indique ce sur quoi il travaille ». Selon Yvan Boude, le calendrier est déjà rempli jusqu'à mi-avril.

Il a aussi été décidé de thématiser chaque journée « pour ne pas rabâcher tous les jours de l’information scientifique, et pour montrer que le Cnam a des missions diverses, comme avec le musée » :

  • lundi : découvrir ;
  • mardi : s’informer ;
  • mercredi : méditer ;
  • jeudi : jouer ;
  • vendredi : voyager ;
  • samedi : approfondir ;
  • dimanche : s'émerveiller.

Une fois mis en ligne, les contenus sont poussés sur l’ensemble des réseaux sociaux. Pour ce qui est de l’audience, il juge que c’est trop tôt : « Il faut que le rendez-vous s’installe, qu’on trouve nos marques, mais c’est déjà pas mal repris sur les réseaux, notamment institutionnels ou enseignants. »

Des contenus qui s’appuient sur les E-C

Pour les contenus, la direction de la communication veut s’appuyer sur des enseignants du Cnam. Un format est en test : des interventions sous forme d’interview vidéo des E-CE-Censeignants-chercheurs autour de la crise et ses impacts.

« Au Cnam, on n’a pas tous les chercheurs experts, sauf Arnaud Fontanet, épidémiologiste, qui est très sollicité dans les médias. Mais on a des enseignants qui peuvent aborder la situation dans ses dimensions philosophique, économique, sociologique, etc., et qui sont passionnants », indique le directeur de la communication.

Les E-C sont-ils tous partants pour participer ? « Pour le moment, beaucoup sont occupés par la mise en place des enseignements à distance et pour l’accompagnement de leurs auditeurs qui restent la priorité. Mais ceux que nous avons sollicités répondent positivement… aussi parce que cela fait trois ou quatre ans qu’on les sensibilise à cela, dans le cadre de nos autres formats (magazine, blog, etc.) », répond Yvan Boude. 

Selon lui, c’est l’enjeu principal pour une bonne communication : « Il faut que tout le monde y trouve son compte et comprenne qu’il a un rôle à jouer. Ce n’est pas à la communication de son côté ou aux E-C seuls de le faire, mais c’est une dynamique de groupe qui doit se mettre en place. »

Faire de la « communication d’utilité publique »

Si la forme est nouvelle du fait de la situation inédite liée au Covid-19, le développement de contenus « qui permettent aux gens de s’informer, de comprendre le monde qui les entourent, existe depuis plusieurs années. Avec bien sûr, l’envie d’améliorer la notoriété du Cnam, mais surtout de faire de la communication d’utilité publique », indique Yvan Boude.

« On est toujours en réaction face aux fake news, et on essaie toujours de rattraper le coup. Mais si tous les communicants du secteur travaillaient ensemble, se coordonnaient, on aurait une force pour désamorcer les choses dès le début.

Pour éviter qu’elles aient autant de force et se multiplient, il faut arriver bien en amont, et donc expliquer ce qu’est la science, comment on y travaille, qu’il y a des protocoles, ce qu’ils produisent, etc.

Selon lui, le  »vrai message à retenir, c’est que ça devrait permettre à la communication publique et plus spécifiquement celle des universités, grandes écoles et laboratoires, de vraiment prendre en compte leur rôle social et citoyen de passeur de science. Car c’est là où on les attend : créer du lien et du sens. Sinon on laisse l’espace vide pour d’autres intérêts. L'ESRESREnseignement supérieur et recherche est la fabrique des savoirs, et la communication doit être en appui, en soutien, en accompagnement pour que ces savoirs puissent intégrer un débat ouvert à l’extérieur".

L’offre virtuelle du musée des arts et métiers

L’offre virtuelle du musée des arts et métiers

Dans la dynamique du dispositif « Culture Chez Nous » mis en place par le ministère de la culture, le musée des Arts et Métiers lance une opération « Le musée chez vous », indique l'établissement le 24/03.

Une offre culturelle virtuelle « sera progressivement déployée autour de la découverte des inventeurs et des inventions qui font la richesse de ses collections : expositions virtuelles, visites et ateliers à faire la maison, enquêtes-jeux et jeu de piste. »

Quant à l’exposition temporaire « Prototypes. De l’expérimentation à l’innovation », qui devait ouvrir le 17/03/2020, elle sera adaptée « avec des contenus spécifiques sur une sélection de prototypes, un livret-jeu et un atelier inédits accessibles en ligne ».

Yvan Boude
Fiche n° 3873, créée le 19/05/14 à 14:48 - MàJ le 25/03/20 à 16:21

Yvan Boude


Email : yvan.boude@lecnam.net

Parcours Depuis Jusqu'à
Conservatoire national des arts et métiers
Directeur de la communication Octobre 2013 Aujourd'hui
Octobre 2013 Aujourd'hui

Conservatoire national des arts et métiers
Fiche n° 2213, créée le 25/06/14 à 10:46 - MàJ le 08/10/19 à 18:52

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