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ExclusifÉdition : UCA arrête son abonnement à la Full Collection Wiley pour « lancer une alerte » (M. Bernard)

News Tank Éducation & Recherche - Paris - Actualité n°82515 - Publié le 07/12/2016 à 16:37
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« L’Université Clermont Auvergne interrompt en 2017 son abonnement à la Full Collection de l'éditeur Wiley, et limitera ses abonnements chez cet éditeur à un nombre très limité de titres. Cette décision est une manière de lancer une alerte auprès des décideurs politiques, de la communauté et des éditeurs. En cinq ans, le coût de nos abonnements auprès des quatre grands éditeurs scientifiques a augmenté de 40 %. Ceci n’est pas durable », déclare Mathias Bernard, président de l’Université Blaise Pascal et candidat à la présidence de la future université fusionnée Clermont Auvergne, à News Tank, le 07/12/2016.

L’abonnement à la Full Collection de Wiley coûte 130 k€ par an pour un accès à 2 400 revues. 960 titres ne sont jamais consultés, 900 sont consultés moins d’une fois par mois et le coût moyen d’un téléchargement est de 3,78 €, selon les statistiques de la bibliothèque Clermont Université.

« Nous avions déjà essayé de mettre fin au contrat avec Elsevier en 2010 mais nous n’avions pas réussi. L’abonnement de Wiley prenant fin, nous avons décidé d’essayer à nouveau et nous avons eu un soutien total de la présidence », déclare Olivier Legendre, directeur adjoint des affaires générales de la bibliothèque Clermont Université, à News Tank le 06/12/2016.


Une décision politique

« Il s’agit d’une décision politique et économique. La politique des éditeurs n’est pas soutenable pour nous. Concernant Elsevier, notre principal poste de dépense, nous n’avons pas de marge de négociation puisque celle-ci a lieu à l'échelle nationale, mais sur Wiley nous avons pu agir et lancer un message fort », selon Mathias Bernard.

« L’idée est bien sûr d’essaimer auprès de nos collègues. Même si les contraintes économiques sont différentes en fonction des établissements, l’insatisfaction que nous ressentons et le constat que nous faisons est partagé. Il faut donc prendre des décisions adaptées et rechercher une solution collectivement », poursuit-il.

« Il y a dans cette décision une volonté d'équilibrer l’attribution du budget de documentation. Ces grands contrats concernent principalement la recherche en STM Science, technique et médecine . Mais nous avons également des besoins de documentation pour la pédagogie et pour la recherche en SHS Sciences humaines et sociales  », dit encore Mathias Bernard.

L’Inspection générale des bibliothèques a publié un rapport sur les dépenses documentaires des universités le 16/09/2016. Ce rapport se penche sur l'évolution des dépenses documentaires de 25 universités de 2011 à 2015. « Les dépenses documentaires des universités reculent d’environ 10 % sur la période, et seules quelques universités se trouvent en 2015 à un niveau supérieur à 2011. »

« Ce sont surtout les achats d’ouvrages imprimés [qui sont affectés par la baisse des acquisitions documentaires par les bibliothèques universitaires], les livres servant souvent de variable d’ajustement. Il est plus délicat de renoncer à des abonnements électroniques, pour lesquels les établissements se sont engagés auprès d’un éditeur ou d’un groupement de commandes, et qui sont utilisés au quotidien par les chercheurs », écrivait Gaëlenn Gouret, responsable du département numérique de l’Université Bretagne Occidentale, dans une analyse pour News Tank, le 16/11/2016.

Des stratégies de contournement

« Les chercheurs ont plutôt bien accueilli la décision. Lors de la commission recherche, ils nous ont surtout demandé si d’autres universités ont déjà fait ce choix et si nous pouvions espérer un mouvement national. Il faut savoir que des solutions de contournement existent. Le prêt entre bibliothèque, gratuit, permet d’avoir accès à un article avec un délai de 48 heures par exemple. Mais les chercheurs ont également des moyens de s'échanger leurs articles directement », affirme Olivier Legendre.

La communauté scientifique s’est saisie des possibilités d’Internet pour contourner les accès payants aux grands éditeurs. Ainsi un mot-clef populaire sur Twitter #Icanhazpdf permet de demander à la communauté l’accès à un article. Par ailleurs un site pirate, SciHub, s’est lancé sur le modèle des sites de téléchargement illégal de films.

L’abonnement de Clermont Université à Wiley

Le coût de l’abonnement à la Full Collection (2 400 revues) de Wiley est passé de 118 k€ en 2011 à 127 k€ en 2015 sans que cette hausse ne soit corrélée aux utilisations. Le coût d’un téléchargement est donc passé de 2,89 € en 2011 à 3,78 € en 2015, selon les données publiées par Olivier Legendre dans son post « Adieu big deal » sur son blog Alambic.

« Le petit problème que nous rencontrons, c’est que si nous restreignons nos abonnements à 300 titres [au sein de la collection], le devis passe de 130 000… à 400 000 € », écrit Olivier Legendre. 

Dépenses et consultation de la full collection de Wiley à de la bibliothèque Clermont Université

Source(s) : bibliothèque Clermont Université

Source(s) : bibliothèque Clermont Université

Le détail des dépenses documentaires de Clermont Université

Dans son précédent post, « Données ouvertes », Olivier Legendre publiait les coûts de la documentation électronique à Clermont depuis 2009. 

Dépenses totale d’abonnement de la bibliothèque Clermont Université (en € TTC) de 2009 à 2015

Source(s) : Bibliothèque Clermont Université

Ce coût total se décompose en plusieurs contrats avec différents éditeurs. Ces contrats concernent des accès à des bouquets de revues, à des livres ou à des bases de données. L’ensemble des données par type de contrat et éditeur depuis 2009 est disponible ci-dessous en cliquant sur la flèche noire.

« Dans l’idéal, semblable tableau devrait exister pour l’ensemble des dépenses documentaires des universités et organismes de recherche français », écrit Olivier Legendre.

Dépenses d’abonnement de la bibliothèque Clermont Université (en € TTC)

Source(s) : bibliothèque Clermont Université

Mathias Bernard

Date de naissance : 13/06/1969
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Parcours

France Universités
Président du comité Transition écologique et sociétale
France Universités
Membre de la CP2U
Université Clermont Auvergne (EPE)
Président (provisoire)
France Universités
Président de la commission vie de l'étudiant et questions sociales
France Universités
Vice-président de la commission « Vie étudiante et questions sociales »
Université Clermont Auvergne (UCA)
Professeur d’histoire contemporaine

Établissement & diplôme

Paris Sorbonne Université (Paris 4)
HDR
Paris Sorbonne Université (Paris 4)
Docteur en histoire contemporaine

Fiche n° 3730, créée le 12/05/2014 à 08:39 - MàJ le 19/07/2021 à 18:10

Université Clermont Auvergne (UCA)

Née de la fusion des universités Clermont 1 d’Auvergne et Clermont 2 Blaise Pascal.


Catégorie : Université


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Fiche n° 4378, créée le 22/09/2016 à 03:18