« Faire de l’IA un outil au service de l’émancipation intellectuelle » à l’école (Muriel Touaty, Onepoint)

News Tank Éducation & Recherche - Paris - Tribune n°452618 - Publié le
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Muriel Touaty -

« Le choix n’est pas entre une école qui refuserait la technologie et une école entièrement automatisée. Cette opposition est déjà dépassée. La véritable ambition consiste à faire de l’intelligence artificielle un outil au service de l’émancipation intellectuelle, et non son substitut », écrit Muriel Touaty Partner éducation, recherche et innovation @ Onepoint
, partner éducation, recherche et innovation chez Onepoint, dans une tribune transmise à News Tank le 07/09/2026.

Alors que l’intelligence artificielle a déjà franchi les portes de l’école, selon elle « une question demeure : quel type d’école voulons-nous bâtir dans un monde où les réponses, la connaissance et le savoir sont disponibles presque instantanément ? Car la promesse est immense, mais le risque l’est tout autant ».

« L’école doit retrouver ce qui constitue sa raison d’être. Dans un univers saturé de réponses, savoir poser les bonnes questions devient la compétence centrale », ajoute-t-elle.

« L’enjeu n’est plus seulement d’accéder au savoir. Il est de savoir quoi faire des connaissances disponibles, comment les interpréter et comment les relier à une expérience du monde. »


Pour une renaissance de la pensée sur les bancs de l’école

L’intelligence artificielle a déjà franchi les portes de l’école. Elle aide à rédiger un devoir, résume un texte, traduit un document, explique une notion difficile en quelques secondes. Avec les agents conversationnels capables d’accompagner un élève dans la durée, elle pourra proposer des exercices sur mesure, organiser le travail personnel et répondre à des questions à toute heure.

Ce mouvement est bel et bien en marche et il serait illusoire de vouloir l’arrêter. Bien au contraire, il faut l’accepter et l’intégrer. L’IA Intelligence artificielle ouvre des perspectives considérables pour l’éducation. Elle peut rendre les apprentissages plus accessibles, aider les enseignants à consacrer davantage de temps à leurs élèves et offrir à chacun un accès inédit aux connaissances. Une technologie capable de démocratiser des ressources autrefois réservées à quelques-uns mérite d’être accueillie avec curiosité et discernement.

Mais une question demeure : quel type d’école voulons-nous bâtir dans un monde où les réponses, la connaissance et le savoir sont disponibles presque instantanément ?

Car la promesse est immense, mais le risque l’est tout autant.

Comprendre n’a jamais consisté à accumuler des réponses

Jamais dans l’histoire de l’humanité il n’a été aussi simple d’obtenir une information. Pourtant, comprendre n’a jamais consisté à accumuler des réponses. Nous avons tous fait l’expérience d’un problème qui résiste, d’un texte difficile à saisir, d’une démonstration que l’on reprend plusieurs fois avant qu’elle ne fasse sens. C’est souvent dans ces moments-là que se construit l’apprentissage.

Penser demande du temps. Cela suppose d’explorer des pistes incertaines, de changer d’avis, de revenir sur ses raisonnements, de mettre en œuvre son esprit critique et sa puissance du discernement. Cette part d’effort est précieuse, même lorsqu’elle paraît inconfortable. Or les nouveaux outils ont précisément pour vocation de réduire les obstacles. La page blanche se remplit instantanément. Les idées arrivent déjà ordonnées. Les plans sont proposés avant même que la réflexion n’ait commencé.

Le danger n’est pas que les machines deviennent plus intelligentes. Le danger serait que nous renoncions peu à peu à exercer notre propre intelligence, notre propre capacité à penser, ce qui est le fondement même de notre humanité, de notre civilisation. Les fondamentaux de l’éducation.

Les fondamentaux de l’éducation

Face à cette métamorphose indéniable, l’école doit retrouver ce qui constitue sa raison d’être. Dans un univers saturé de réponses, savoir poser les bonnes questions devient la compétence centrale. Il faut apprendre à vérifier une source, à repérer une approximation, à identifier un raisonnement fragile. Il faut aussi apprendre à distinguer ce qui paraît convaincant de ce qui est vrai.

L’époque nous invite également à réhabiliter certaines expériences que l’on croyait parfois secondaires. Lire un livre, un article jusqu’au bout. Résoudre un problème complexe sans chercher immédiatement la solution. Apprendre une langue étrangère. Jouer d’un instrument. Construire une argumentation et la défendre dans un débat. Toutes ces activités développent une qualité devenue rare : l’attention.

Elles forment aussi le jugement. Car l’enjeu n’est plus seulement d’accéder au savoir. Il est de savoir quoi faire des connaissances disponibles, comment les interpréter et comment les relier à une expérience du monde.

Une révolution avant tout humaine

Le choix n’est donc pas entre une école qui refuserait la technologie et une école entièrement automatisée. Cette opposition est déjà dépassée. La véritable ambition consiste à faire de l’intelligence artificielle un outil au service de l’émancipation intellectuelle, et non son substitut.

La révolution qui commence sera évidemment technologique, mais avant tout humaine. Son succès se jouera dans notre capacité à demeurer humain, à faire fructifier notre culture, à vivre notre humanité. L’éducation cimente ainsi notre société. Elle rapproche les femmes et les hommes. Et elle remplira son rôle tant que ce qui fait la singularité de l’esprit humain prévaudra : notre faculté de juger, de créer et de penser par soi-même.

Muriel Touaty

Email : m.touaty@groupeonepoint.com

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Parcours

Onepoint
Partner éducation, recherche et innovation
Technion France
Directrice générale
CEPS (Centre d’études et de prospective stratégique)
Membre d’honneur
Connected Lab
Fondatrice
Business Layers
Directrice marketing et des relations publiques pour l’Europe

Établissement & diplôme

Université de Tel Aviv
Maîtrise en sciences politiques

Fiche n° 30363, créée le 03/05/2018 à 16:31 - MàJ le 07/09/2026 à 15:41

Muriel Touaty -