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[Leurs vœux 2022] « Soutenir le rôle crucial des universités pour la formation en santé » (M.Woronoff)

News Tank Éducation & Recherche - Paris - Tribune n°238946 - Publié le 11/01/2022 à 10:41
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©  Sonia Oysel/Université de Franche-Comté
Macha Woronoff - ©  Sonia Oysel/Université de Franche-Comté

« Pour cette année 2022, je souhaiterais formuler deux types de vœux ; d’une part, des vœux qui soutiennent le rôle crucial des universités pour la formation des professionnels de santé et, d’autre part, des vœux plus orientés aux valeurs portées par l’Université de Franche-Comté, valeurs d’ouverture et d’humanité. »

C’est que déclare Macha Woronoff Membre du conseil d’administration @ Université de Franche-Comté (UFC) • Présidente @ Université de Franche-Comté (UFC) • Présidente de la commission des questions de santé @ France Universités
, présidente de l’Université de Franche-Comté et de la commission des questions de santé de la CPU Conférence des présidents d’université , dans une tribune à l’occasion de la nouvelle année, le 07/01/2022. En ce début 2022, News Tank a sollicité plusieurs acteurs de l’enseignement supérieur et de la recherche pour connaître leurs attentes pour l’année à venir.

« La CPU défend une vision qui s’appuie sur un continuum de formation entre les bac+3 des professions de santé intermédiaires et les professions médicales à bac+10, +12… », indique-t-elle.

« Notre vœu est d’améliorer le processus d’universitarisation des professions intermédiaires de santé. Si des avancées ont eu lieu avec l’introduction des pratiques avancées en 2016, la mise en œuvre au sein des universités se heurte encore à trop de difficultés. Elles conduisent certains de ces collègues (infirmiers, maïeuticiens, masso-kinésithérapeutes) qui se sont investis à l’université, à remettre en cause leur engagement.

Comme pour les professions médicales, un cadre clair et commun à toutes ces carrières universitaires (et hospitalières) de formation des professions intermédiaires est urgent. Sans enseignants et enseignants-chercheurs, pas d’étudiantes et d‘étudiants et plus de professionnels. »

Macha Woronoff ajoute : « À l’université, parler formation c’est également y associer la recherche, indispensable formation par et à la recherche. La recherche en santé — les académies de médecine et de pharmacie [1] l’ont souligné — nécessite un cadre rénové. C’est une urgence. »


Des vœux en écho avec l’appel de la Sorbonne

« Nous l’avons rappelé avec force au travers de l’appel de la Sorbonne [2] : la santé est au cœur des préoccupations des citoyens, et cela s’est exacerbé avec la pandémie de Covid-19.

Si ces dernières années les sujets qui ont occupé le devant de la scène concernent l’organisation de nos systèmes de santé et leur capacité à tenir, la formation de l’ensemble de ces professionnels est un engagement sans faille de nos universités.

Ce sont elles qui forment les docteurs en médecine, en pharmacie et en chirurgie dentaire. Et uniquement elles. Par essence, elles forment des professionnels de la santé. Ces études sont longues. »

Pour l’Université de Franche-Comté, des vœux « universels »

« Pour l’université de Franche-Comté que je préside les vœux formulés sont universels. C’est une des plus anciennes de France fondée en 1423. Je travaille dans cet héritage multiséculaire à en faire une université de valeurs. »

Promouvoir la valeur de l’engagement

« L’université est par construction un lieu de recherche, de savoirs, de connaissances, de culture, d’innovation, de progrès et d’ouverture au monde qui nous entoure. Elle doit combattre tous les préjugés et stigmatisations qui conduisent à la xénophobie et au racisme. Nous nous y employons en promouvant la valeur de l’engagement.

Pour illustrer, l’université est lauréate du projet européen Sliding Doors [3] qui fait partie du programme ”Europe pour les Citoyens”. A travers ce réseau, l’objectif est d’avoir une vision la plus générale possible des migrations, de la discrimination mais aussi de l’intégration dans une perspective géographique et socio-historique large.

Notre engagement s’accompagne d’une démarche plus générale de lutte contre la désinformation, et nous en connaissons les ravages. Nous avons publié et diffusé un vadémécum très accessible ”Qu’est-ce qu’une infox ?” visant à donner les outils pour repérer et déconstruire les fausses nouvelles, les arnaques et autres dérives sectaires. Permettre l’accès à des informations fiables, vérifiées et factuelles est une mission que nous continuerons à mener en 2022. »

Créer un environnement sain et protecteur pour chaque acteur de l’université

« Pour exercer sans entrave cette liberté au sein de notre établissement, il nous faut aussi créer un environnement sain et protecteur pour chaque acteur de l’université, qu’il soit étudiant ou agent. Cela nécessite de lutter contre toutes les formes de harcèlement et je pense en tout premier lieu aux violences sexistes et sexuelles.

Car rien n’est plus intolérable que la brutalité et l’agressivité sous quelque forme qu’elles soient : violence, discrimination, haine, harcèlement ; des fléaux pour nos étudiants, pour nos personnels, pour tous nos concitoyens, capables d’abîmer, de gâcher et de détruire la vie des victimes. Pour libérer la parole, il faut passer aux actes.

C’est le but de notre dispositif SOS [4] (Signalement Orientation Suivi) mis en œuvre fin 2021 et qui va se déployer durant 2022 : plateforme de signalement et d’écoute à destination des étudiants, personnels et usagers de l’Université, les intervenants extérieurs et toute la communauté universitaire, victime ou témoin de violences sexuelles et sexistes, de discrimination, de harcèlement ou de toute autre forme de violence.

Un engagement sans relâche au service de la communauté universitaire »

C’est ainsi que se bâtit notre action au quotidien, en mettant en place des actions concrètes derrière chaque valeur qui font de l’Université de Franche-Comté, une université d’engagements, une université d’excellence, une université de qualité, une université d’histoire, une université d’ouverture, une université de progrès.

C’est un engagement que nous poursuivons sans relâche au service de la communauté universitaire pour améliorer la qualité de vie étudiante et au travail, les conditions de la recherche, l’offre de formation, les liens avec le territoire, le rayonnement international, l’innovation et les transitions. »

Macha Woronoff


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Parcours

France Universités
Présidente de la commission des questions de santé
Conférence nationale des doyens de pharmacie
Présidente
CHU de Besançon
Présidente de la délégation à la recherche clinique et à l’innovation et vice-présidente recherche
Université de Franche-Comté (UFC)
Membre du conseil d’administration
Université de Franche-Comté (UFC)
Directrice ajointe de la faculté de santé

Fiche n° 18175, créée le 23/06/2016 à 21:49 - MàJ le 21/01/2021 à 10:47


[1] Rapport 21-07. Réformer la recherche en sciences biologiques et en santé : Partie II, l’organisation. 23/03/2021. https://www.academie-medecine.fr/reformer-la-recherche-en-sciences-biologiques-et-en-sante-partie-ii-lorganisation/

[2] L’appel de la Sorbonne : pour une Europe de la santé innovante, attractive et bienveillante. Plateforme de propositions, décembre 2021. http://www.cpu.fr/actualite/appel-de-la-sorbonne-des-propositions-pour-une-europe-de-la-sante-innovante-attractive-et-bienveillante/

[3] https://slidomigration.eu/

[4] https://sos.univ-fcomte.fr/

©  Sonia Oysel/Université de Franche-Comté
Macha Woronoff - ©  Sonia Oysel/Université de Franche-Comté