Covid année 1 : que pensent les leaders de l’ESR Américain ? (G. Bousquet et D. Riecker)

News Tank Éducation & Recherche - Paris - Analyse n°216482 - Publié le 06/05/2021 à 12:46
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©  Photo by Nathan Dumlao on Unsplash
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Aux États-Unis, « beaucoup parlent d’un “New normal”. Tandis qu’une nouvelle stabilité se met en place, avec une rentrée d’automne qui permette enfin de retrouver “the college expérience”, il sera important de scruter quelles adaptations et transformations seront mises en place, où et comment les réflexions de fond et sur le long terme vont se développer ». C’est ce qu'écrivent Gilles Bousquet et Daniel Riecker, dans une analyse pour News Tank, le 03/05/2021.

Ils reviennent sur les tendances révélées par deux études publiées lors de la rencontre annuelle de l’American Council on Education (ACE), une des plus grandes organisations professionnelles représentant tous les types d’établissements. Deux documents qui permettent de connaitre les préoccupations et priorités des dirigeants universitaires aux États-Unis. 

« À lire les résultats et à écouter les responsables universitaires, la première surprise est l’optimisme qui règne majoritairement quant à la survie du système, de leur propre institution, et de la situation financière à court et long terme », indiquent Gilles Bousquet et Daniel Riecker. 

Mais ils nuancent ce sentiment en analysant l’ « onde de choc » provoquée par :
• les mouvements de contestation massifs contre le racisme systémique et pour l’équité et la justice sociale ;
• la baisse d’attractivité des community colleges ;
• l’inquiétude sur la santé psychologique des étudiants et personnels ;
• la baisse du soutien du public à l’ESR Enseignement supérieur et recherche  ;
• les difficultés pour attirer des étudiants internationaux.

Gilles Bousquet est professeur à University of Wisconsin-Madison, dont il a été doyen et vice provost chargé des relations internationales (2002-2012). Daniel Riecker est étudiant-chercheur et travaille avec lui.


Deux enquêtes sur la vision des directions universitaires aux Etats-Unis

Gilles Bousquet - ©  Todd Brown/UWSMPH Media Solution
Le premier « anniversaire » de la crise sanitaire liée à la Covid a coïncidé de ce côté-ci de l’Atlantique avec la rencontre annuelle de l'American Council on Education  (ACE), une des plus grandes organisations professionnelles représentant tous les types d’établissements. La conférence annuelle rassemble les leaders de centaines d’établissements.

La rencontre 2020 (prévue pour le 14/03/2020) avait été annulée et celle de 2021 était entièrement virtuelle, avec, comme innovation, la disponibilité sur plusieurs mois d’une majorité des sessions.

On se souvient de combien l’ESR américain a été secoué par la pandémie, perdant en quelques semaines de nombreux repères. Le terme qui prévalait alors était celui de “crise existentielle.” Publié le 27/05/2020 à 11:26
« Après le choc des premières semaines, les universités sont dans l’expectative, au milieu du gué, et dans une traversée qui sera plus longue que prévu. En même temps, les transformations de demain…
 Qu’en est-il aujourd’hui, un an après la fermeture brutale et totale des campus et le passage massif aux enseignements à distance ?

Deux études publiées autour de la rencontre annuelle de l’ACE méritent notre attention. Elles ont, d’ailleurs, fait l’objet de sessions lors de la conférence.

  • Il s’agit tout d’abord du “2021 Survey of College and University Presidents,” publié par Inside Higher Ed et Hanover Research. Un sondage mené auprès de 433 présidents d’institutions publiques et privées, et appartenant à tous les secteurs de l’enseignement supérieur, des community colleges aux grandes universités de recherche. Le sondage a été effectué en janvier et février 2021 et publié le 22/03 .
  • Le second document est une enquête de l’ACE en association avec le TIAA Institute auprès de 348 présidents, conduite du 1er au 12/02 et représentant ici aussi un large éventail d’établissements .

Optimisme

Ces enquêtes nous réservent des surprises : 

À lire les résultats et à écouter les responsables universitaires, la première surprise est l’optimisme qui règne majoritairement quant à la survie du système, de leur propre institution, et de la situation financière à court et long terme (même si cet optimisme est nuancé en fonction de la disponibilité massive d’un vaccin et, on le verra, en fonction du type d’établissements).

L’agence Moody’s confirme d’ailleurs le sentiment positif des présidents :

“Moody’s Investors Service a relevé ses perspectives pour le secteur de l’enseignement supérieur américain de “négatives” à “stables”, indiquant un potentiel de revenus amélioré pour les Colleges et universités au cours de la prochaine année à un an et demi« , écrit Rick Seltzer  dans Inside Higher Ed du 23/03.

Les leaders sont plus optimistes qu’ils et elles ne l’étaient avant le début de la pandémie, et huit présidents sur dix se disent confiants dans la stabilité financière de leur établissement dans les dix ans à venir. 

Vision de l'avenir des leaders universitaires - ©  Lederman, Doug (IHE) 22/03/2021

Que se passe-t-il ?

Plusieurs facteurs se conjuguent qui expliquent ce sentiment de confiance en l’avenir.

Soutien financier

Daniel Riecker - ©  D.R.
Un facteur financier d’abord, à savoir l’aide conséquente reçue par les établissements, les subventions destinées aux États, les soutiens directs aux étudiants (financial aid) et indirects lors des mesures successives de soutien financier aux familles. Si l’on ajoute les mesures d’aide sous l’administration Trump et maintenant Biden, ce sont plus de 76,6 Md$ qui sont allés directement aux établissements et aux étudiants (à ces derniers plus de 30 Md$), suivant l’analyse Terry Hartle de l’ACE, l’un des meilleurs spécialistes des relations des universités avec le gouvernement fédéral.

Qui plus est, dans le dernier stimulus (The American Rescue Plan, signé par le Président Biden le 11/03, jour anniversaire de la déclaration par l’OMS Organisation mondiale de la santé de l’état de pandémie le 11/03/2020), 350 Md$ vont en soutien des États et des gouvernements locaux, ce qui aura - a déjà eu dans certains cas - un impact fortement positif sur les budgets des universités dépendant des budgets de leurs États.

Plusieurs présidents ou présidentes ont déclaré, lors de la conférence, qu’en quelques mois, ils et elles avaient vu un renversement de tendance, passant de projections d’un déficit record à l’anticipation d’un possible équilibre financier !

Il est donc logique que, dans le sondage, trois quarts des présidents pensent que l’administration Biden aura un effet positif sur leur institution. 

Inscriptions parfois en hausse

Les inscriptions que l’on prévoyait catastrophiques, ne se sont pas effondrées et pour certains établissements, elles sont même en hausse !

Dans les collèges privés très réputés - de Colby à Swarthmore, mais aussi dans les grandes universités doctorales privées et publiques - de Notre-Dame à l’Université de Virginie - les demandes d’admission sont en hausse.

Ce qui veut dire qu’il sera encore plus difficile d’entrer dans ces établissements. Inversement, les écarts entre établissements se creusent pour ce qui est des demandes d’admission, notamment pour les community colleges, on y reviendra, car c’est important.

Cérémonies en présentiel

Beaucoup d’universités annoncent des remises de diplômes en présence, certes bien distanciées, ce qui représente un renouveau et une rupture avec les annulations massives et les cérémonies en ligne, (d’ailleurs, les étudiants que je croise sont tout simplement enthousiastes à la pensée de recevoir leur diplôme ensemble et en présentiel).

Changements dans les pratiques

Ces universités que l’on disait incapables de changer, voilà qu’en quelques semaines elles sont massivement passées en ligne, ont assuré les enseignements, les crédits ont été validés, bref, les responsables sentent que les attitudes ont changé, qui sait les mentalités ? Dans le sondage de Inside Higher Ed, 68 % des présidents interrogés pensent que leur établissement a les outils et les processus en place pour répondre aux changements nécessaires.

Vaccination

Enfin, grâce aux vaccinations massives et accélérées, dont les universités sont d’ailleurs aussi les acteurs, un vent d’espoir souffle sur le pays dans son ensemble, l’économie reprend et les universités prévoient - avec justesse et sans doute prudence - des rentrées en présentiel .

La sortie du tunnel ?

Psychologiquement, nous sortons du tunnel qui conduisait à une inconnue catastrophique. Le pire a-t-il été évité ? Pour l’instant, les scénarios catastrophes pour le secteur dans son ensemble s’éloignent.

À leur place, des inégalités grandissent entre type d’établissements, la courbe des cas Covid et des vaccinations provoquent des moments de doute, et l’épuisement des personnels et des étudiants est une donnée fondamentale en cette fin d’année universitaire.

Nuancer le sentiment d’optimisme

Il nous faut cependant nuancer le sentiment d’optimisme exprimé par les leaders.

Racisme : l’onde de choc

Tout d’abord, les mouvements de contestation massifs contre le racisme systémique et pour l’équité et la justice sociale ont provoqué une onde de choc profonde sur les campus et chez les étudiants. Les attentes de changement sont grandes et si les élections et les premières mesures de l’administration vont dans le sens des revendications, la force de mobilisation est intacte.

La rencontre de l’ACE a porté du début à la fin sur le diagnostic du mouvement de justice sociale et sur les actions de l’ESR en réponse, et la nécessité d’une mobilisation pour faire davantage, au niveau structurel, et s’inspirer des pratiques de changement.

Le président Biden avait fait de l’équité un principe central de sa campagne, et son administration s’attache à relever le défi. Sa proposition de financement discrétionnaire (skinny budget) pour l’année 2022, publié le 09/04, comprend d’importantes dispositions ciblées :

  • plus 3 Md$ vont en soutien des États et des gouvernements locaux pour les Pell grants (une des principales formes d’aide financière fédérale pour les étudiants, bourses liées à leurs besoins financiers ) ;
  • 600 Md$ pour les minority serving institutions (MSI) et les community colleges  ;
  • et 450 Md$ pour des projets de mitigation du changement climatique aux tribal colleges (les institutions servant principalement les populations autochtones).

Le département de l’éducation et la National Science Foundation (NSF) bénéficieraient, eux aussi, d’importants investissements financiers (des augmentations de 41 et 20 % des budgets actuels, respectivement) sous ce programme.

Améliorer l’atmosphère sur les campus

Le chemin est encore long pour cette proposition de budget, qui devra être validée par le Congrès . Mais au-delà de cet élan de la part de l’exécutif, que faut-il faire pour améliorer le “campus climate” ?

Selon le sondage de Inside Higher Ed, 85 % des présidents d’université sondés sont d’accord qu’il est plus important que jamais de confronter les questions de racisme. En même temps, les présidents estiment que l’état des relations raciales est meilleur sur leur campus que dans les universités dans leur ensemble (63 % contre 19 %) 

L’équité, la diversité et l’inclusion sont à la fois une préoccupation principale et un angle mort pour ces leaders.

L'état des relations raciales sur les campus - ©  Lederman, Doug (IHE) 22 mars 2021

Il faudrait, peut-être, retourner à la base et revoir les programmes d’équité, de diversité et d’inclusion dans leur ensemble : une étude publiée le 12/04 par trois professeurs-chercheurs de Princeton University montre que, pour la majorité des universités étudiées, les politiques de diversité sont avant tout présentées comme des outils à valeur instrumentale, et non pas des engagements moraux.

Selon les chercheurs , un positionnement plus clair serait l’ultime manière pour les institutions de reconnaître la gravité des questions sociales du moment, surtout pour les minorités historiquement aliénées dans l’ESR américain.

Baisse d’attractivité des community colleges

Ensuite, le fait que les demandes d’inscriptions font apparaître une nette différence entre celles (en hausse) vers les colleges les plus sélectifs et les grandes universités publiques de recherche, par opposition à celles des community colleges et des universités publiques (bachelor/masters), pourtant exactement le segment qui permet d’ouvrir l’ESR aux catégories défavorisés, minorités, low-income, ruraux.

Le système des community colleges de Californie, le plus grand du pays, connaîtrait une baisse des inscriptions de 12 % entre la rentrée 2019 et 2020. The National Student Clearinghouse Research Center annonce une baisse de 9,5 % des inscriptions  dans les community colleges au niveau national.

À noter également que dans le sondage ACE/TIAA, plus du tiers des présidents disent s’attendre à une augmentation des inscriptions à la rentrée 2021 - comparée à celle de 2019, pré-pandémie. Cependant, plus de la moitié des présidents des “two-year colleges” (community and technical colleges) disaient s’attendre à une baisse des inscriptions.

Santé psychologique : l’inquiétude

Un des défis immédiats et à moyen terme pour les leaders est l’état d’anxiété des étudiants, l’augmentation des indices de dépression et l’état d’épuisement des personnels après un an sur la brèche. C’est une question qui peut saper ce qu’on appelle “the college experience.”

Ainsi dans l’enquête de ACE/TIAA, pour le deuxième sondage consécutif, la santé psychologique des personnels - enseignants et personnels - est la deuxième préoccupation jugée la plus urgente par les présidents, juste derrière la santé psychologique des étudiants et devant l’inquiétude quant à la stabilité financière de leur établissement.

Les urgences auxquelles font face les présidents - ©  Taylor, Morgan et al. (ACE / TIAA) 4 mars 2021, p.2

Soutien public en baisse

Un autre facteur qui nous oblige à mettre en perspective le vent d’optimisme relevé par les sondages, est que le soutien du public pour l’ESR a baissé dans les dernières années, surtout parmi ceux qui se désignent comme Républicains qui voient dans les universités des institutions élitistes et doctrinaires (un sentiment nourri par l’ex-président Trump : I love the poorly educated  !”).

En effet, il y a une très grosse différence de perception selon l’appartenance politique. Le climat autour de l’ESR est devenu de plus en plus politisé, mais les deux camps sont d’accord que l’éducation supérieure aux États-Unis ne va pas dans le bon sens . Ceci risque d’avoir des conséquences sur les financements à venir car les budgets de l’ESR sont dépendants des États pour le financement à long terme et les budgets de fonctionnement ou de construction.

Vision des Américains sur l'université - ©  Pew Research Center, 30/01/2019

Dans le sondage présidentiel de Inside Higher Ed, les leaders eux-mêmes sont conscients de plusieurs éléments qui entretiennent une perception erronée de l’ESR dans l’esprit du public, quand bien même les universités auront essayé de faire face aux problèmes existants - de la dette étudiante, au manque de diversité - ce qui aura pour effet de focaliser l’attention sur ces aspects problématiques  (notons aussi que les présidents des community colleges sont bien plus nombreux à penser que le public a une perception juste de leur type d’établissement - 47 % contre 22 %). Ce sont des réponses qui font réfléchir. 

Difficultés pour les étudiants internationaux

Il faut ajouter aux aspects problématiques, que les difficultés pour les étudiants internationaux restent conséquentes, et l’on sait l’importance de cette présence sur les campus américain - au niveau undergraduate mais aussi graduate et dans les communautés environnantes.

Avec les restrictions de voyage vers les États-Unis encore en place, les consulats fermés dans un grand nombre de pays (notamment en Chine et en Inde), et les retards importants sur les dossiers en cours, l’arrivée sur le campus pour l’automne s’annonce compliquée.

En 2020, le nombre d’étudiants internationaux aux États-Unis a chuté de 72 %. Les universités s’inquiètent de leurs capacités d’encaisser le choc, non seulement financier, mais aussi la perte de dynamisme (la présence des étudiants internationaux étant un fort levier d’internationalisation sur les campus).

Dans le moyen terme, l’attractivité des États-Unis pour les études supérieures risque d’en subir les conséquences .

Dans le sondage ACE/TIAA trois présidents sur quatre indiquaient que “Travel and immigrations policies affecting international students” était en tête de leurs préoccupations pour ce groupe d’étudiants.

Préoccupations principales des présidents s'agissant de leurs étudiants internationaux - ©  Taylor, Morgan et al. (ACE / TIAA) 4 mars 2021, p.10

Pression sur l’exécutif

Les acteurs de l’ESR font ce qu’ils peuvent pour faire pression sur l’exécutif :

Il y a bon espoir que le président Biden sera plus favorable à la cause que son prédécesseur.

Taux d’infection en hausse

Enfin, la perception d’un retour en présence à la rentrée et enfin de pouvoir retrouver “the college expérience” (vie sociale, grandes manifestations sportives, accès aux labos, bibliothèques, résidences, cours en présences, conférences, festivals), tout cela peut être mis en question avec un taux d’infection en forte hausse  (surtout parmi les jeunes).

“Faire d’un défi une opportunité ? » Professeur Clifford Conrad, Higher Education UW-Madison

Un an après la fermeture des campus, la situation a considérablement évolué. La confiance des présidents en l’avenir a des échos chez les étudiants.

Les vaccinations massives - plus de trois millions par jour en cette période - y sont pour beaucoup. En somme, l’on perçoit un sentiment de soulagement et d’espoir, et pourtant bien des questions restent en suspens.

La question du professeur et chercheur Clifford Conrad (“Turn a challenge into an opportunity ?”) fait écho aux interrogations des leaders qui aspirent à des transformations structurelles de l’ESR américain, de par le choc provoqué par la pandémie, par exemple sur le modèle économique, la gouvernance, le rôle du digital, accès-équité-employabilité, un ressourcement des valeurs académiques, l’éducation pour la citoyenneté. 

Bref, fort d’avoir survécu, par une adaptation massive et des mesures d’urgence, - y compris les trois programmes de soutien depuis mars 2020, et de se sentir soutenu par la nouvelle administration, l’ESR américain et ses partenaires indispensables peuvent-ils lancer les transformations nécessaires pour renverser les tendances qui sont apparues depuis une décennie (dette étudiante en forte hausse, accès en déclin pour les minorités et les étudiants aux revenus modestes, employabilité problématique des nouveaux diplômés, désengagement des états, parmi d’autres), et répondre aux demandes pressantes de justice sociale et d’équité ? 

« New normal »

Beaucoup parlent d’un “New normal”. Tandis qu’une nouvelle stabilité se met en place, avec une rentrée d’automne qui permette enfin de retrouver “the college expérience”, il sera important de scruter quelles adaptations et transformations seront mises en place, où et comment les réflexions de fond et sur le long terme vont se développer.

Parer à l’urgence est une chose ; et on a vu comment la solidarité fédérale et le savoir-faire des dirigeants et dirigeantes universitaires, la résilience des personnels et des étudiants ont pu surmonter une crise qui, il y a un an, aurait pu être catastrophique.

Mais, débattre de questions de fond est un autre exercice, qui mobilise un autre type de dynamique, et fait appel à toutes les parties prenantes, internes et externes. Mission impossible, surtout de part l’état réel d’épuisement et la lassitude de toutes et de tous ? Peut-être.

Une prise de conscience a eu lieu, cependant, dans l’urgence et dans la douleur, nous croyons que ce n’est pas en vain, dans un système d’enseignement et de recherche, gigantesque, performant, diversifié et critiqué, aujourd’hui encore davantage au cœur d’un progrès démocratique. 


©  Photo by Nathan Dumlao on Unsplash
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