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Examens : la neutralisation du semestre « pas admissible » (Dgesip), les choix des universités

News Tank Éducation & Recherche - Paris - Actualité n°180929 - Publié le 17/04/2020 à 17:24 - Mis à jour le 17/04/2020 à 19:32
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« La neutralisation pure et simple d’un semestre (tout comme l’attribution automatique d’une note) n’est pas admissible au vu de circonstances qui, pour être exceptionnelles et difficiles, n’empêchent pas tout mode d’enseignement et tout mode d'évaluation. Cette neutralisation constituerait au demeurant la négation pure et simple de tout ce que les équipes pédagogiques ont mis en place durant ces semaines, et ce, de manière exemplaire ».

Voilà ce qu’indique la Dgesip Direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle dans son plan de continuité pédagogique, publié sur son site, et mis à jour le 15/04/2020. Alors que les universités sont en train de mettre au point les nouvelles modalités d'évaluation des étudiants, dans un contexte de confinement, la Dgesip réagit à la proposition de plusieurs organisations étudiantes, dont l’Unef Union nationale des étudiants de France et Sud, de donner une note minimale de 10 ou 12/20 à tous les étudiants pour ce semestre.

La Dgesip n’exclut toutefois pas la possibilité, « à titre exceptionnel, de neutraliser certains enseignements (par exemple parce qu’il s’agit d’un enseignement au sujet duquel aucune continuité pédagogique n’a été assurée, d’un stage qui ne peut pas être effectué en distanciel - ni reporté -, ou d’un TP Travaux pratiques qu’il est absolument impossible de “réinventer” en distanciel). »

Une possibilité que l’Université de Poitiers va utiliser. Ainsi, elle a décidé que la validation du semestre se ferait « par le calcul d’une moyenne à partir des notes obtenues avant le confinement et/ou des notes obtenues par évaluation à distance pendant le confinement, dans des conditions garantissant l’égalité de traitement entre les étudiants. »

Et pour les formations où ce principe n’est pas applicable, « en raison de l’absence de note ou d’impossibilité d’organiser une évaluation à distance dans des conditions d’égalité de traitement, alors le semestre sera neutralisé et ne sera pas pris en compte dans le calcul de la moyenne. »

Il s’agit selon elle de prendre « en compte des impossibilités créées par la crise sanitaire, afin de garantir à la fois le maintien d’une égalité de traitement entre les étudiants d’une même formation et la valeur des diplômes. »

Un choix marginal toutefois, puisque la plupart des universités ayant communiqué sur leurs nouvelles modalités d’examens, ont annoncé qu’elles remplaceraient les épreuves en présentiel par des évaluations à distance. C’est le cas à Grenoble-Alpes, Montpellier 3 Paul Valéry ou encore Évry. News Tank détaille ce qu’elles ont prévu.


De nombreuses universités optent pour des épreuves à distance, et donnent pour consigne la bienveillance

L’Université Grenobles-Alpes annonce le 17/04, la généralisation des épreuves à distance, ajoutant qu’elles seront « adaptées en fonction des filières (devoirs à la maison, questionnaires en ligne par exemple…) ».

De même à l’Université Paul Valéry Montpellier 3, où les évaluations se feront toutes en distanciel, et en deux périodes : du 06 au 30/05, puis du 03 au 20/06. Néanmoins les étudiants « ne seront évalués que sur les six premières semaines d’enseignement (jusqu’au 13/03 inclus) » et « seule la meilleure note des deux évaluations sera conservée ».

Par ailleurs, des tutoriels et des tests d’entrainement blancs seront proposés aux étudiants « afin de mieux se préparer aux formes de passation en ligne ». Et une motion a été votée en CFVU « appelant les jurys à l’indulgence vis-à-vis des étudiants ayant vécu une grande difficulté personnelle. »

À CY Cergy Paris Université, « ce sont les composantes qui sont en train de décider des modalités », indique François Germinet, président, à News Tank, le 17/04. Il indique toutefois avoir envoyé un double message aux équipes pédagogiques : 

  • « privilégier que la première session se fasse à distance, car du présentiel même fin juin, risque d'être intenable pour l’organisation, entre les masques, les files d’attente, le nettoyage… 
  • Et si possible éviter l’examen à distance sous surveillance, tant pour l’aspect économique que pour les aspects de vie privée des étudiants. Cela peut poser plus de problèmes que ça n’en résout. »

L’Université d’Evry a également donné pour consigne aux enseignants d'« alléger le contenu des épreuves et la durée, le tout en respectant le principe d’égalité. » L’ensemble des épreuves se déroulent sur l’eCampus où les étudiants devront déposer « copies et devoirs ».

Contrairement aux universités françaises, l'EPFL Ecole Polytechnique Fédérale de Lausanne a décidé de maintenir les examens tels que prévu en présentiel. Les étudiants devront ainsi « se présenter en personne pour les examens », dit-elle.

Mais la session est reportée en août, du 03 au 28/08, et sur quatre semaines au lieu de trois, « afin de laisser aux étudiants comme aux enseignants la possibilité de se préparer à cette session d’examens hors-cadre ».

L’EPFL adopte aussi « quelques mesures d’assouplissement » :
• les étudiants pourront décider jusqu’au 24/07 de renoncer à se présenter à une ou plusieurs branches (UE Unités d’enseignement ), sans que cela compte comme un échec ;
• une prolongation d’une année de la durée des études est rendue possible ;
• une moyenne insuffisante aux examens de mise à niveau ne signifiera pas une exclusion : les étudiants concernés pourront recommencer leur première année.

Maintenir le calendrier et pallier le manque d'équipements

Si les choix de modalités peuvent différer, les universités s’accordent en revanche sur la nécessité de conserver le calendrier universitaire. À l'UGA Université Grenoble Alpes , il est spécifié que « le terme du calendrier pédagogique universitaire demeure fixé début juillet 2020 ».

L’Université de Poitiers indique aussi avoir fait le choix de ne pas reporter les cours et examens en septembre, « afin de permettre aux étudiants de bénéficier de l’été, notamment afin de pouvoir travailler pour nombre d’entre eux, et éviter une désorganisation de la rentrée 2020. »

Elle ajoute néanmoins que « pour les années diplômantes de fin de cycle des formations professionnalisantes, l’année universitaire sera prolongeable (sans frais supplémentaires) jusqu’au 31/12/2020 afin de permettre le report des stages obligatoires pour les étudiants qui en auraient besoin. »

Prendre en compte les étudiants en rupture numérique

Autre impératif, pour celles qui généralisent les examens à distance : soutenir les étudiants en situation de précarité numérique. L’UGA indique ainsi poursuivre « son effort de recensement » des étudiants concernés, et propose « des prêts de tablettes et d’ordinateurs ainsi que des distributions de carte SIM 4G ».

A l’Université Paul-Valéry Montpellier 3, « près de 500 ordinateurs neufs (dont la moitié apportés par la région) et près de 1 000 dispositifs de connexion (cartes SIM avec data ou clés 4G) sont prêtés pour la durée des examens aux étudiants en difficulté ».

Dans ces deux universités, ainsi qu'à l’Université d’Évry, les étudiants considérés en situation de rupture numérique se verront proposer « des modalités spécifiques (par courrier ou par téléphone). »

Si le Sgen-CFDT Syndicat général de l’Éducation nationale - Confédération française démocratique du travail exclut « la possibilité de valider les unités d’enseignement du second semestre par des notes uniformes », car cela « reviendrait à nier le rôle des formations dans la construction des compétences », il appelle à « être attentif à ne pas creuser les inégalités ».

Par ailleurs, il formule plusieurs recommandations :
• « neutraliser la période de formation correspondant au post-confinement », afin « d’annuler l’impact éventuel des conditions de connexion sur le suivi des enseignements, et la difficulté à suivre un cours à distance monté en urgence » ;
• « simplifier les modalités d’évaluation, pour ne pas surcharger les étudiants en multipliant tous les contrôles », par exemple en fusionnant « les épreuves d’une même UE » ;
• développer « une vision concertée, collégiale, de ces examens », sans quoi, « il est vraisemblable que la charge de travail soit intenable pour les étudiants ».

Direction générale de l’enseignement supérieur et de l’insertion professionnelle (Dgesip)

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