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« Pour les CPGE, le statut de 1re et 2e année de Licence » : Laurent Batsch (Think Education 2016)

Paris - Actualité n°61397 - Publié le 02/02/2016 à 14:01
©  News Tank - LM
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« Je propose de reconnaître aux CPGE Classe préparatoire aux grandes écoles le statut de première et deuxième année de Licence et de libérer le droit pour les universités d’ouvrir des classes équivalentes », déclare Laurent Batsch, président de l’Université Paris-Dauphine, en introduction du colloque Think Education, organisé par News Tank, le 02/02/2016, sur le thème de l’innovation. « Il s’agit de la sorte d’inscrire progressivement ces deux premières années dans la perspective d’un cycle cohérent en trois ans. Il s’agit aussi d’offrir aux grandes écoles un vivier d’excellence au niveau de la L3, et de les aider du même fait à se repositionner sur leur vocation : celle d'être des graduate schools formants aux diplômes de master et doctorat »

Dans son discours, Laurent Batsch plaide pour le développement d’un cycle licence « sélectif » pour « attirer des étudiants étrangers », et d’un cycle licence « technologiques ou métiers » pour les professions intermédiaires débouchant sur l’emploi, « à laquelle l’alternance aura préparé, y compris financièrement par l’engagement des entreprises en défaut de cadres intermédiaires. »

Laurent Batsch revient également sur le rôle du politique et des politiques publiques, et des « taquets réglementaires » à lever pour que l’innovation puisse prendre forme.

Environnement institutionnel de l’innovation

La première remarque de Laurent Batsch concerne l’innovation qui « prend forme sur le terrain » :

  • « Elle procède des équipes qui sont confrontées à des obstacles mais aussi à des sollicitations positives, et dont je dis ici, qu’elles ne sont a priori, par nature ou par culture, ni conservatrices ni corporatistes, mais qu’elles deviennent ce que le système les incite à devenir. »

Il convient selon lui de « libérer la capacité d’innovation en responsabilisant le terrain, lever les taquets réglementaires, créer des incitatifs à la prise d’initiative, c’est donc, me semble-t-il le meilleur rôle que puisse tenir le politique. Celui-ci est meilleur par exemple, quand il accorde aux établissements le droit d’habiliter des diplômes que lorsqu’il rédige un dictionnaire national des mentions. » […]

Laurent Batsch - Think Education 2016 - ©  News Tank - LM

Trois « acquis dans la manière d’impulser ou encourager les innovations »

Pour Laurent Batsch, « au-delà des conditions réglementaires et légales de l’innovation, et de la nécessité de créer un environnement juridique facilitant, il faut aussi s’appuyer sur un certain nombre d’acquis dans la manière d’impulser ou d’encourager les innovations » :

  • « L'évaluation et les accréditations ont changé la donne : elles obligent les établissements à s’interroger sur les benchmarks, donc sur leurs propres lacunes ; en ce sens elles stimulent les initiatives.
  • L’expérimentation et l'échange de bonnes pratiques entre les acteurs, entre les établissements, mériteraient d'être davantage mobilisées : cela a commencé d'être fait par exemple au sujet de la formation continue dans les universités.
  • En termes de politique publique, mais on n’a pas le temps de s’y arrêter, la méthode du PIA me paraît très riche d’enseignement positifs. »

« Reconnaître aux CPGE Classe préparatoire aux grandes écoles le statut de 1re et 2e année de Licence » (L. Batsch)

« Je propose de reconnaître aux CPGE le statut de première et deuxième année de Licence et de libérer le droit pour les universités d’ouvrir des classes équivalentes. De faciliter aussi la convergence des statuts et la mobilité des corps professoraux à ces niveaux post-bac », déclare Laurent Batsch.

« Il s’agit de la sorte d’inscrire progressivement ces deux premières années dans la perspective d’un cycle cohérent en trois ans. Il s’agit aussi d’offrir aux grandes écoles un vivier d’excellence au niveau de la L3, et de les aider du même fait à se repositionner sur leur vocation : celle d'être des graduate schools formants aux diplômes de master et doctorat »

  • « Pour attirer des étudiants étrangers dans notre cycle de licence, nos établissements doivent gagner le droit d’assumer leurs filières d’excellence partout ou elles existent, y compris dans les universités. Car elles existent : combien de temps obligera-t-on encore les universités à développer leurs licences sélectives dans la semi-clandestinité ? Là où les universités devraient afficher la fierté de l’excellence, elles sont condamnées à avancer masquées : ce n’est pas le meilleur moyen d’aller à l’international. » 
  • « A côté de ces licences formants aux masters, aux  »graduate schools«  (celles des écoles comme celles des universités), il convient aussi d’offrir un cycle de licence aux professions intermédiaires : une  »Licence technologique«  ou une  »Licence métiers« , appelons-la comme on veut, mais une Licence débouchant sur l’emploi, à laquelle l’alternance aura préparé, y compris financièrement par l’engagement des entreprises en défaut de cadres intermédiaires. Une vraie Licence en trois ans et non un 2+1. Une Licence qualifiante, pas une hyper spécialisation rapidement exécutée en un an. »

« Si on se retourne sur les 15 dernières années de l’enseignement supérieur en France, je crois qu’on peut dire que le cadre dans lequel vous évoluez a beaucoup changé », déclare Marc Guiraud, président de News Tank, en préambule du colloque Think Education le 02/02/106. « Du lancement du LMD par Claude Allègre [en 1998] aux nouveaux statuts pour l’enseignement supérieur privé EESPIG et EESC, entrés en vigueur en 2015 […], on peut se demander si le système est devenu plus performant et si son énergie n’a pas été en partie absorbé par la gestion, la digestion de tous ces changements. »

« Le mot clé de Think Education, c’est l’innovation », ajoute-t-il. « Un enseignement supérieur innovant conditionne l’attractivité du pays, favorise les investissements des entreprises, encourage celui des puissances publiques et donc développe l’emploi. […] Les investissements encouragent les innovations de l’enseignement supérieur ».

Laurent Batsch

Email : laurent.batsch@dauphine.fr

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Parcours

Fondation Dauphine
Président
Dauphine - PSL
Président
Dauphine - PSL
Fondateur du master management de l’immobilier
Dauphine - PSL
Directeur de l’IUP gestion de patrimoine
Dauphine - PSL
Professeur
Lycée du Val-de-Marne
Enseignant

Fiche n° 3158, créée le 24/03/2014 à 14:21 - MàJ le 24/11/2020 à 16:38


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