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Iran : retrait des accusations d’espionnage contre la chercheuse F. Adelkhah, toujours en détention

Paris - Publié le jeudi 9 janvier 2020 à 10 h 28 - n° 172007 Les accusations d’espionnage et d’atteinte à l’ordre public contre de la chercheuse franco-iranienne Fariba Adelkhah sont levées au cours d’une audience visant à déterminer les chefs d’accusation portés à son encontre, indique à News Tank, le 08/01/2020, Sandrine Perrot, chargée de recherche à Sciences Po et membre de la première heure du Comité international de soutien à Fariba Adelkhah et Roland Marchal. Elle confirme en cela les informations données par l’avocat iranien de Fariba Adelkhah et de Roland Marchal, Saeed Dehghan, à l’AFP et à Reuters, publiées le 07/01.

Les deux chercheurs de Sciences Po restent toutefois détenus à Téhéran, en Iran :
• l’une étant accusée de propagande contre le système politique de la République islamique d’Iran et de complot contre la sécurité nationale ;
• l’autre de collusion en vue de nuire à la sécurité de l'État iranien.

Ces accusations de complot sont passibles de deux à cinq ans de prison en Iran, mais celles d’espionnage l'étaient de peine de mort.

L’audience de Fariba Adelkhah était préliminaire à son procès, précise Sandrine Perrot. Celle de Roland Marchal n’a pas encore eu lieu, selon ses informations.

Par ailleurs, Fariba Adelkhah poursuit la grève de la faim « au nom de la liberté académique » qu’elle a entamée le 24/12/2019 avec Kylie Moore-Gilbert, chercheuse australo-britannique de l’Université de Melbourne qui est également détenue en Iran, annonçaient-elles dans une lettre ouverte publiée par le Center for human rights in Iran le même jour.

Depuis, la Franco-iranienne « a été transférée de l’aile des Gardiens de la révolution à celle “ordinaire” des femmes », ajoute Sandrine Perrot. « Mais sa santé est encore dans une situation inquiétante. »

Au cours d’un échange téléphonique avec Hassan Rohani, président de la République islamique d’Iran, Emmanuel Macron a « appelé à la libération sans délai de nos compatriotes Fariba Adelkhah et Roland Marchal », indique l'Élysée le 07/01/2020.
Fariba Adelkhah et Roland Marchal - © Comité international de soutien à Fariba Adelkhah et Roland Marchal
Fariba Adelkhah et Roland Marchal - © Comité international de soutien à Fariba Adelkhah et Roland Marchal

Conditions de détention de Fariba Adelkhah et Roland Marchal

« À date, nous avons été détenues par les Gardiens de la révolution d’Iran durant une période extrêmement longue, Kylie Moore-Gilbert pendant plus de 15 mois, Fariba Adelkhah pendant plus de sept mois », écrivent les deux chercheuses détenues dans leur lettre ouverte. « Nous avons été soumises à de la torture psychologique et à de nombreuses violations de nos droits humains fondamentaux.

Nous faisons une grève [de la faim] non seulement pour demander notre libération immédiate, mais aussi pour demander justice pour les innombrables, milliers d’hommes et de femmes non nommés mais pas oubliés qui ont subi le même sort que le nôtre ou pire, et ont été emprisonnés en Iran, sans avoir commis aucun crime. »

Sa double nationalité franco-iranienne n'étant pas reconnue par les autorités iraniennes, Fariba Adelkhah n’a pas eu droit à l’assistance consulaire dont a pu bénéficier Roland Marchal, selon Sandrine Perrot, membre de leur comité de soutien. Toutefois, depuis son transfert dans l’aile « ordinaire » de la prison, « on peut penser que ses conditions d’incarcération sont meilleures, car elle peut avoir des contacts plus réguliers avec sa famille iranienne ».

Roland Marchal a pu bénéficier de visites consulairesRoland Marchal, quant à lui, est « toujours dans l’aile des Gardiens de la révolution, aux dernières nouvelles », souligne Sandrine Perrot. « Mais nous espérons qu’il sera bientôt transféré ». Et de préciser que « Roland Marchal étant reconnu en tant que Français, il a pu bénéficier de visites consulaires ainsi que de visites plus régulières de son avocat, et avoir des contacts avec sa famille ».

Saeed Dehghan, avocat des deux chercheurs français détenus, est « payé par Sciences Po », indique-t-elle. « Avec l’aide du MEAEMEAEMinistère de l'Europe et des affaires étrangères, nous avons fait en sorte qu’ils [Fariba Adelkhah et Roland Marchal] puissent bénéficier de l’assistance d’un avocat iranien. Cet avocat, très expérimenté, a été agréé par les autorités judiciaires iraniennes », écrit l'établissement sur son site internet.

Par ailleurs, selon Sandrine Perrot, « il y a une implication au plus haut niveau de l'État depuis le début de cette affaire ; les demandes de libération ont été répétées à de nombreuses reprises ».

Mobilisation du comité de soutien

« L’objectif de notre comité de soutien est à la fois de :

  • sensibiliser sur le sort de Roland Marchal, Fariba Adelkhah et des autres chercheurs détenus en Iran — une petite quinzaine maintenant, pour des motifs relativement équivalents ;
  • faire vivre leurs idées ;
  • et leur montrer notre soutien par des actions de mobilisation, en espérant que l’information leur parvienne », décrit Sandrine Perrot.

Ainsi, le 07/01, des soutiens aux deux chercheurs français détenus en Iran se sont réunis pour une manifestation devant Sciences Po, afin d'« obtenir leur libération immédiate », selon un tweet d’Isabelle Rocca, également chercheuse à Sciences Po.

Tweet @Isabelle Rocca

Une prochaine mobilisation est prévue le 11/02, jour de la fête nationale iranienne.

En outre, le 07/01 avait lieu la séance inaugurale d’un séminaire sur la « Sociologie et anthropologie sociale du politique », « dédié à une réflexion autour des travaux de Fariba Adelkhah et Roland Marchal, dont le motto est : “Penser en pensant à eux”  », met en avant Sandrine Perrot. « Et nous aurons une session tous les mois jusqu'à ce qu’ils puissent eux-mêmes participer à ce séminaire. »

Sciences Po Paris

Fiche n° 2221, créée le 25/06/14 à 11:09

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