Début

[Chiffre de la semaine] 40,5 % de la production scientifique française de 2017 en accès ouvert (Sies)

Paris - Publié le lundi 21 octobre 2019 à 18 h 33 - n° 165955 53 856 publications, soit 40,5 % de l’ensemble des publications scientifiques françaises de 2017, sont en accès ouvert, affirme une note flash du SiesSiesSous-direction des systèmes d'information et des études statistiques d’octobre 2019, publiée le 21/10.

Parmi ces publications librement accessibles, 31 876 (24 % du total) le sont selon le modèle gold (voie dorée, directement chez l'éditeur), et 20 766 (15,6 %) selon le modèle green (voie verte, par le biais d’une archive ouverte).

Il existe toutefois de « fortes disparités » entre les disciplines, poursuit la note, selon laquelle « ces disparités sont le reflet de pratiques de publication très différentes entre les communautés scientifiques ». « Ainsi, en mathématiques, le taux d’accès ouvert atteint 61 % alors qu’il n’est que de 43 % en informatique ou encore de 31 % en recherche médicale », indique le MesriMesriMinistère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, qui relaie ces résultats le 21/10.

La note analyse également des données remontant jusqu'à 2013. « Le niveau global d’accès ouvert des publications françaises augmente légèrement de 2013 à 2016, en évoluant de 40 % à 43 %, avec une dynamique similaire sur les deux types d’hébergement ».

Avec 40,5 %, 2017 présente toutefois « un léger repli ». « Plutôt qu’un réel changement de tendance, cette baisse constatée en 2018 pour les publications de 2017 est probablement liée au délai de passage en accès ouvert (potentiellement plusieurs mois s’il y a un embargo ou une barrière mobile) », y voit le Sies.

Toutes ces données ont été obtenues grâce au BSOBSOBaromètre de la science ouverte (Baromètre de la science ouverte), un système de monitoring développé par le département des outils d’aide à la décision du Mesri, dont News Tank s'était fait l'écho dès novembre 2018. 

Les données de ce baromètre, dont l’ambition est à terme de « suivre l’étendue des ressources scientifiques accessibles librement : publications scientifiques, données, code », seront actualisées en décembre de chaque année, et s’accompagneront à chaque fois d’une note dédiée du Sies, affirme le Mesri.

Enfin, la méthodologie utilisée par le BSO pour estimer le taux d’ouverture des publications s’appuie sur des données datant de septembre 2018 issues de la plateforme Unpaywall, qui recense les publications au niveau mondial et leur caractère ouvert ou non.
© Olga Shelego
© Olga Shelego

Principaux résultats du baromètre

De « fortes » disparités selon les disciplines

« D’une discipline à l’autre, non seulement la proportion d’accès ouvert varie largement mais aussi le type d’accès ouvert (hébergement chez l’éditeur ou sur archives ouvertes) », expose le SiesSiesSous-direction des systèmes d'information et des études statistiques dans sa note :

  • « Ainsi, en mathématiques, malgré un faible taux de publications hébergées chez les éditeurs, le taux d’accès ouvert global atteint 61 %, grâce à un recours massif aux archives ouvertes (48 %).
  • Dans le domaine de la biologie fondamentale, le niveau global d’ouverture est de 49 %, porté principalement par l’ouverture chez l’éditeur. Les deux modes d’ouverture sont ainsi complémentaires pour s’adapter aux usages de chaque communauté.
  • Inversement, en recherche médicale, qui représente environ un tiers de la production annuelle, seuls 31 % des publications sont en accès ouvert, et la plupart hébergées chez l’éditeur.
  • De même, concernant les SHSSHSSciences humaines et sociales, le taux global d’ouverture est plus faible que la moyenne, avec un recours aux archives ouvertes relativement faible ».

Taux d’accès ouvert par éditeur

Le BSOBSOBaromètre de la science ouverte donne également le taux d’ouverture des publications par éditeur :

  • Il est de 20,4 % pour Elsevier, dont 13,2 % (5 366 publications sur 40 515) provient d’archives ouvertes.
  • Il est de 3,5 % pour Cairn (135 sur 3 908), la grande majorité (132 articles) provenant des archives ouvertes.
  • Il est de 84 % pour EDP Sciences, dont 27,2 % (655 sur 2 409) ont été déposés dans une archive ouverte.
  • Il est de 64,9 % pour OpenEdition, dont 2,1 % via des archives ouvertes (70 sur 3 380).

Évolution du taux d’accès ouvert aux publications de 2013 à 2017

La loi de 2016 « n’a presque aucun impact à court terme » sur l’ouverture des publications, selon M. Dacos

La loi de 2016 « n’a presque aucun impact à court terme » sur l’ouverture des publications, selon M. Dacos

Répondant sur Twitter à une interrogation de Martin Clavey, journaliste scientifique auteur du blog Sound of Science, sur l’impact de la Loi pour une République numérique (2016) sur le taux d’ouverture des publications, Marin Dacos, conseiller pour la science ouverte auprès du DGRI, estime, le 21/10 :

« Pour l’instant, d’après le baromètre actuel, et d’après les études à paraître du Comité de suivi de l’édition scientifique, presque aucun impact de la loi à court terme. La loi ne suffit pas ».

Un baromètre qui n’utilise pas de bases de données propriétaires

Méthodologie du baromètre

La note du Sies détaille la méthodologie du Baromètre de la science ouverte :

  • « Le taux d’accès ouvert est mesuré comme le ratio du nombre de publications en accès ouvert rapporté au nombre total de publications sur un même périmètre. Les publications prises en compte sont celles qui disposent d’un “DOIDOIDigital Object Identifier”, identifiant numérique d’objet, ce qui constitue une règle assez générale. » Par ailleurs, « au moins un des auteurs a une affiliation française ».
  • Le BSO « repose uniquement sur des sources ouvertes, en particulier Unpaywall, HALHALHyper Articles en Ligne et la base de données bibliographiques Pascal et Francis ». Unpaywall est « une base de données mondiale, ouverte, recensant plus de 100 millions de DOIs avec leur méta-données disponibles (titre, auteur, éditeur …) et leur type d’accès ».
  • Enfin, « deux types d’accès ouvert peuvent être distingués, en fonction du type d’hébergement, chez l'éditeur ou sur une plateforme d’archives ouvertes (comme HAL par exemple). »

« Tout le monde nous disait que c'était impossible »

« C’est la première fois qu’on n’utilise pas des données du Web of Science ou de Scopus », les bases de données propriétaires de Clarivate et Elsevier, « et tout le monde nous disait que c'était impossible », tweete par ailleurs Marin Dacos, conseiller pour la science ouverte auprès du DGRI, le 21/10, alors qu’il présente le BSO à Helsinki dans le cadre d’une première réunion des coordinateurs nationaux de la science ouverte.

« On a bossé deux ans sur la méthodologie », ajoute Marin DacosMarin Dacos sur Twitter, qui assure que les chiffres du BSO sont « très consolidés ». Il s’attend cependant à ce que les données analysées bougent d’année en année, lors des prochaines actualisations du baromètre, « parce que c’est un objet vivant qu’on mesure », rappelle-t-il.

Marin Dacos avait rendu publics les premiers résultats non consolidés à Liège en novembre 2018, en évoquant « près de 36 % de la production scientifique française de 2017 en accès ouvert » - un taux qui avait dû être affiné par la suite.

Proposition d’une alternative « dans un environnement ouvert et libre »

A Liège également, Marin Dacos avait dressé le parallèle de l’initiative française avec l’OSM (Open science monitor), le baromètre de la Commission européenne initié en 2017 dont la méthodologie repose sur l’utilisation de Scopus (Elsevier), et mis en garde sur l’utilisation de bases de données propriétaires comme référence.

« Nous avons écrit à l’UE en leur disant qu’il était très dangereux de conforter l’intégration horizontale et verticale qu’Elsevier met en place dans notre circuit de recherche, en particulier dans la phase d’évaluation.

Par conséquent nous avons déclaré qu’il était dangereux de faire reposer notre politique de science ouverte sur des données à la fois propriétaires et que nous ne contrôlons pas », avait-il dit.

En juillet 2019, il s'était réjouit auprès de News Tank qu’en obtenant un taux d’ouverture global de 40,5 %, « nous nous approchons de plus en plus du chiffre annoncé par l'OSMOSMOpen science monitor, avec moins de 1 % d’écart. Et ce alors que nous nous appuyons sur des bases de données différentes ».

Et d’ajouter que l’objectif n'était « en aucun cas à faire “plier” l’Union européenne, qui a attribué un marché public de deux ans à Elsevier ».

« Notre objectif est de nous projeter sur les dix prochaines années et de montrer qu’il est possible d’avoir cette démarche dans un environnement ouvert et libre. Même si dans deux ans l’UE décide de rester sur la solution Scopus, la confrontation des résultats chiffrés aura été rendue possible, et aura permis de prendre du recul en sortant d’une logique de monopole.

L’existence d’une pluralité de solutions est très saine. Je le répète : nous ne voulons pas détruire les acteurs privés, mais simplement ne pas en être totalement dépendants. »

Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation
Fiche n° 2286, créée le 11/07/14 à 04:20 - MàJ le 03/10/19 à 12:23

Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation

L’enseignement supérieur, la recherche et l’innovation sont rassemblés dans un ministère depuis le 17/05/2017. Frédérique Vidal en est la ministre.



Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation
21, rue Descartes
75005 Paris - FRANCE
vCard meCard .vcf VCARD

Fin
loader mask
1