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Figure : « Le réseau des CMI va devenir incontournable dans le paysage académique » (O. Vanbésien)

Paris - Publié le vendredi 24 novembre 2017 à 14 h 48 - n° 106657 « L’IdefiIdefiInitiative(s) d'excellence en formation(s) innovante(s) sur lequel se base notre réseau FigureFigureFormation à l'Ingénierie par des Universités de Recherche, porté par l’Université de Poitiers, s'était vu attribuer 10 M€. Il court jusqu’en 2020. Nous devons le pérenniser », déclare Olivier Vanbésien, à News Tank, le 24/11/2017. Chargé de mission communication, il est le représentant de l’Université de Lille pour le comité de pilotage du réseau Figure et référent à l’Université de Lille, qui compte six CMICMICursus master ingénierie — ces formations de spécialité en cinq ans mènent aux métiers d’ingénieur en s’appuyant sur les formations universitaires de licence et de master.

L’enjeu budgétaire sera le grand défi du réseau pour 2018 : « Plusieurs options sont à étudier : nous avons la chance de proposer des formations exigeantes quasiment au même tarif qu’un master classique : faudra-t-il changer de modèle ? De même, les universités sont membres du réseau sans cotiser : peut-être cela devra-t-il évoluer », indique Olivier Vanbésien. Une candidature à la 2e vague de l’appel à projets NCUNCUNouveaux cursus universitaires est également envisagée.

Selon lui, le réseau ne risque pas de disparaître, car « il prend de plus en plus d’importance dans le paysage académique, et il est de plus en plus visible. Le réseau des masters CMI va devenir incontournable ».

Autre façon d’installer les CMI dans l’ESRESREnseignement supérieur et recherche, l’obtention, à moyen terme, d’un label européen. « En France, la CTICTICommission des titres d'ingénieur pilote le label Eur-AceEUR-ACE(Accréditation des formations d'ingénieurs en Europe), qui est automatiquement accordé lorsqu’une formation est habilitée à délivrer un titre d’ingénieur. Dans les autres cas, elle délivre ce label au cas par cas. Depuis sa création, le réseau Figure discute avec la CTI. Nous ne sommes pas concurrents, mais complémentaires, et nous pensons que la CTI fera la part des choses entre le label Eur-Ace et ce qu’est un diplôme d’ingénieur. »

Concernant la sélectivité des CMI, il indique que « d’autres cursus universitaires sélectionnent : les parcours bilingues, les parcours recherche… La manière d’attirer de bons étudiants, dans ces parcours plus exigeants, est bien acceptée par les universités. Mais il ne faut pas que ces processus ferment la porte aux autres étudiants, et il ne faut pas que les universités ne proposent que des cursus sélectifs ».
Olivier Vanbésien - © D.R.

Olivier Vanbésien répond à News Tank

Le réseau Figure se réunissait lors de son AG annuelle, les 12 et 13/10/2017, quels étaient les enjeux ?

Le réseau compte donc 28 universitésOlivier Vanbésien : Une partie de l'AGAGAssemblée générale a été consacrée à des communications à destination des participants sur la vie du réseau les participants, au-delà du cercle du comité de pilotage. Ainsi, cette année :

  • Nous avons accueilli trois nouvelles universités comme membres : l’Université du Littoral-Côte-d’Opale, l’Université de Rennes et Paris-Nanterre. Le réseau compte donc 28 universités.
  • Nous avons fait le point sur les nouveaux cursus ouverts. Nous sommes à 107 formations. Nous étions centrés sur l’ingénierie de produit, mais nous voulons ouvrir à de nouvelles thématiques : nous pensons aujourd’hui à l’ingénierie de service : économie, finance, tourisme… Nous élargissons la manière de voir de l’ingénierie. Par exemple, s’ouvre cette année cursus master en ingénierie en histoire et multimédia, qui s’appuie sur les nouvelles technologies, à l’Université d’Avignon.
  • Nous avons fait le point sur les finances du réseau.

Quel est le bilan budgétaire ?

Les projections financières ont été présentées, car le projet IdefiIdefiInitiative(s) d'excellence en formation(s) innovante(s) sur lequel se base notre réseau et nos CMICMICursus master ingénierie court jusqu’en 2020 [le projet CMI-Figure, porté par l’Université de Poitiers, s'était vu attribuer un budget de 10 M€] et nous devons pérenniser notre réseau.

L’ensemble des CMI est une nouvelle manière de voir les formations, que doivent intégrer les universités. À charge à chacune d’elle de le pérenniser. Mais le réseau qui labellise doit aussi avoir les moyens, en propre, de vivre dans les années qui suivront. Plusieurs pistes ont été avancées.

La principale est de déposer un projet dans le cadre du PIA 3 et des NCU La principale piste est de déposer un projet dans le cadre du PIAPIAProgramme d'investissements d'avenir 3 et des NCUNCUNouveaux cursus universitaires. Nous n’avons pas été sélectionnés sur la première vague de l’AAPAAPAppel à projets, parce que le principe du NCU est d’avoir un processus extrêmement sélectif : nous attendons les retours des experts pour savoir où nous nous situons et ajuster la stratégie. Par ailleurs, la plupart des projets retenus sont des projets de site, et non pas des projets de réseaux nationaux, contrairement à 2012. Nous en avons discuté mi-novembre en comité de pilotage. Et nous espérons que le succès du réseau va nous aider lors du deuxième appel à projets, en 2018.

Et si vous n'êtes pas retenus ?

La question du budget sera le grand chantier de l’année 2018 Il faudra réfléchir et voir le budget minimum nécessaire pour assurer les fonctions de suivi et d’accréditation et développer un modèle économique pour vivre, un peu comme pour une société savante. La question du budget sera le grand chantier de l’année 2018.

Plusieurs options sont à étudier : nous avons la chance de proposer des formations exigeantes quasiment au même tarif qu’un master classique : faudra-t-il changer de modèle ? De même, les universités sont membres du réseau sans cotiser : peut-être cela devra-t-il évoluer.

Sans moyens, le réseau Figure pourrait-il disparaître ?

Le réseau des masters CMI va devenir incontournable Je ne le vois pas comme ça : le réseau sera pérennisé. Il prend de plus en plus d’importance dans le paysage académique, et il est de plus en plus visible dans la presse. Le réseau des masters CMI va devenir incontournable. 

Et nous réfléchissons à d’autres façons de continuer notre travail que le PIA 3, notamment en allant chercher des labellisations européennes.

Quel est ce projet de labellisation européenne ?

Nous avons l'objectif, à moyen terme, de labelliser chaque CMI avec le label Eur-Ace Nous avons l’objectif, à moyen terme, de labelliser chaque CMI avec le label Eur-AceEUR-ACE(Accréditation des formations d'ingénieurs en Europe). Nous remplissons déjà un certain nombre de critères lorsque nous construisons les CMI.

Mais pour obtenir ce label, il faut, au moins, trois à quatre promotions de diplômés sur le marché de travail. Pour nous, c’est trop tôt, nous venons de sortir la première vraie promotion. Le réseau existe depuis cinq ans : lors de l’AG, nous avons procédé à la remise des labels pour 100 étudiants, issus d’une dizaine d’universités. Vers 2020, nous pourrons vraiment commencer à lancer une démarche générale.

En France, le label Eur-Ace est opéré par la CTI : est-ce que cela sera simple pour le réseau Figure ? La CTI ne risque-t-elle pas de voir une concurrence aux titres d’ingénieur qu’elle accrédite ?

Nous pensons que la CTI fera la part des choses entre le label Eur-Ace et ce qu’est un diplôme d’ingénieOui, en France, la CTI pilote le label Eur-Ace, qui est automatiquement accordé lorsqu’une formation est habilitée à délivrer un titre d’ingénieur. Dans les autres cas, elle délivre le label au cas par cas.

Depuis sa création, le réseau Figure discute avec la CTICTICommission des titres d'ingénieur. Nous ne sommes pas concurrents, mais complémentaires, sur le marché et nous pensons que la CTI fera la part des choses entre le label Eur-Ace et ce qu’est un diplôme d’ingénieur. J’ose espérer que cela ne posera pas de problèmes.

Est ce que les masters CMI vont se fondre dans le modèle école d’ingénieurs ?

Non, ce n’est pas le projet. Nous sommes vraiment adossés à l’université. Nous tenons à garder cette spécificité, celle de nous appuyer sur les cursus universitaires.

Quelles sont vos relations avec les écoles d’ingénieurs ?

J’espère qu’elles voient que nous sommes complémentaires. Certaines universités ont des écoles d’ingénieurs internes, d’autres font plutôt le choix d’un CMI. À Lille, il y a les deux et nous cohabitons sereinement. Les constructions de spécialités et les ouvertures se font en fonction des ressources existantes et des besoins de l’entreprise. Le but est d’offrir des formations les plus complémentaires et complètes possibles.

Nous essayons d’avoir un effet transformant sur les autres licences et masters… Et cela dépend aussi des moyens que reçoit l’université. Aujourd’hui, on ne peut pas généraliser les CMI à tous les étudiants, étant donné nos moyens. Mais nous observons et nous souhaitons que l’existence d’un groupe d'étudiants CMI dans un master ait un effet transformant sur les autres étudiants du parcours classique, grâce à des approches pédagogiques différentes et des systèmes d’auto-évaluation par compétences. C’est une sorte de laboratoire.

Quelle est la position du réseau Figure sur la question de la réforme du 1er cycle ?

Notre position est relativement simple : nos étudiants sont déjà sélectionnés, à l’entrée de la formation. Nous avons mis en place une sélection par la motivation. Ce choix est dans nos gènes et nous permet de recruter des étudiants de bon niveau. Mais nous n’avons pas de position officielle quant à la pertinence de généraliser la sélection.

Il faut utiliser le mot "sélection" avec prudence et de manière correcteÀ titre personnel, je dirais qu’il faut utiliser le mot « sélection » avec prudence et de manière correcte. La sélection n’est pas une clef magique. Je parlerai d’abord d« ’orientation ». Intrinsèquement, tous les baccalauréats ne peuvent pas ouvrir à toutes les filières de l’université : il faut bien renseigner les lycéens. Une certaine adéquation entre le bac et le choix d'études me semble développable et généralisable. Beaucoup d’universités le font sans le dire, vu l’afflux d’étudiants, pour éviter le tirage au sort.

Dans les universités du réseau Figure, comment est accepté le fait que les CMI puissent sélectionner ?

Il ne faut pas que les universités ne proposent que des cursus sélectifsA priori, cela n’a posé de problème dans aucune université. Mais peut-être que cela en a découragé d’autres, susceptibles de nous rejoindre, je ne le sais pas.

D’autres cursus universitaires sélectionnent déjà : les parcours bilingues, les parcours recherche… La manière d’attirer de bons étudiants, dans ces parcours plus exigeants, est bien acceptée par les universités. Mais il ne faut pas que ces processus ferment la porte aux autres étudiants, et il ne faut pas que les universités ne proposent que des cursus sélectifs.

Olivier Vanbésien
Fiche n° 22282, créée le 10/04/17 à 11:14 - MàJ le 24/11/17 à 15:15

Olivier Vanbésien



Parcours Depuis Jusqu'à
Réseau Figure
Chargé de mission communication et représentant de l’université de Lille pour le réseau de pilotage Figure et référent à l’université de Lille 1
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Université de Lille 1
Directeur du service universitaire de pédagogique
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Université de Lille 1
Directeur du service universitaire de pédagogie
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Université de Lille 1
Président de jury de la licence EEA
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Centre national de la recherche scientifique
Chercheur 1992 à 1998
1992 1998

Réseau Figure
Fiche n° 6073, créée le 23/11/17 à 04:14

Réseau Figure

Le réseau Figure (Formation à l’Ingénierie par des universités de recherche) est né après l’appel à projet Idefi 2011.


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