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Exclusif L’AUF lance une initiative pour la gouvernance dans l’espace universitaire francophone

Paris - Publié le jeudi 8 février 2018 à 17 h 55 - n° 112548 « La gouvernance est un point faible dans un certain nombre d'établissements, on le sait. L’AUFAUFAgence universitaire de la francophonie dissémine ses projets et a besoin de cohérence. L'“Igneuf“ (Initiative pour la gouvernance dans le nouvel espace universitaire francophone), vise à fédérer et rapprocher l’ensemble des forces dans ce domaine », déclare Bernard Zuppinger, directeur exécutif de l’Institut de la Francophonie pour la gouvernance universitaire. Il s’exprime dans le cadre de l’expert-room « Comment renforcer la gouvernance des universités francophones pour le développement des sociétés ? » animée par l’AUF le 31/01/2018 à l’occasion de Think Education et Recherche à l’Université Paris Dauphine. 

Le premier comité de pilotage d’IgneufIgneufInitiative pour la gouvernance dans le nouvel espace universitaire francophone s’est tenu le 01/02/2018. Les premières annonces concernant la mise en œuvre de l’initiative auront lieu au courant du premier semestre 2018.

Les partenaires de l’initiative sont l’Université Senghor, le Groupement international des secrétaires généraux des universités francophones (Gisguf), et le G3 (regroupement des Universités de Montréal, de Genève et de l’Université Libre de Bruxelles). 

« Nous avons aujourd’hui la volonté d’ouvrir le réseau de partenariats », dit  Bernard Zuppinger.

Trois illustrations de renforcement de la gouvernance universitaire sont présentées au cours de l’expert-room :
Papa GueyePAPA GUEYE, secrétaire exécutif de l’Anaq-SupAnaq-SupAutorité nationale d'assurance-qualité de l'enseignement supérieur , décrit le déploiement de cette agence nationale d’assurance-qualité au Sénégal.
• Jean-Philippe Thouard, directeur technique de l’IFGUIFGUInstitut de la francophonie pour la gouvernance universitaire , relate la démarche d’accompagnement à l’auto-évaluation des universités menée en partenariat avec le Cames en Afrique et à Madagascar, et ses perspectives.
• Maria Niculescu, directrice de l'École supérieure de la francophonie pour l’administration et le management (Sofia, Bulgarie), évoque un projet de master orienté « management et gouvernance des universités ».
Bernard Zuppinger, directeur exécutif de l'Institut de la Francophonie pour la gouvernance universit - © AUF
Bernard Zuppinger, directeur exécutif de l'Institut de la Francophonie pour la gouvernance universit - © AUF

Les secteurs d’intervention de l’initiative lancée par l’AUF

L’initiative prévoit trois secteurs d’intervention :

  • Développer et mobiliser l’expertise ainsi que des outils méthodologiques adaptables aux différents contextes de la francophonie universitaire.
  • Formation aux différentes compétences des métiers / fonctions de la gouvernance ; développement de cycles de formation initiale et continue destinée aux cadres universitaires.
  • Recherche / innovation : réflexions prospectives sur les questions de gouvernance ; identification de bonnes pratiques dans les différents contextes et capitalisation au profit des institutions membres et partenaires.

« Nous souhaitons à terme disposer d’un observatoire de la gouvernance universitaire », ajoute Bernard Zuppinger. 

Au Sénégal, un dispositif national d’assurance-qualité

«  Le Sénégal compte beaucoup sur la connaissance pour réaliser son Plan Sénégal émergent (PSE) », explique Papa Gueye, secrétaire exécutif de l’Anaq-Sup, Autorité nationale d’assurance-qualité de l’enseignement supérieur. Dans ce contexte de fort développement de la carte universitaire, de profondes réformes de la pédagogie (adoption du modèle LMD), du pilotage et de la gouvernance, le Sénégal a opté en 2013 pour « un organe national d’assurance-qualité avec des répondants institutionnels ».

  • Une compétence intégrale : assurance-qualité, évaluation et accréditation des programmes et filières des établissements publics et privés. L’Anaq-Sup est une agence publique avec autonomie financière, de fonctionnement, de gestion et de décision. Son financement est public, avec l’appui de partenaires (AUF, Banque mondiale…).
  • Ses missions : définition (avec le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche) des standards de qualité à respecter par les établissements, leurs filières et leurs programmes ; conception et déploiement du mécanisme d’assurance-qualité ; mise en place des procédures et identification des critères d'évaluation ; remise au ministère de tutelle d’avis techniques sur les demandes d’accréditation des institutions d’enseignement supérieur ; évaluation périodique des enseignements, outils et méthodes pédagogiques ; accompagnement à la mise en place de procédures internes d’assurance-qualité et d’auto-évaluation dans les établissements.
    Depuis sa création, l’Anaq-Sup a élaboré six référentiels « dont un référentiel FOAD et un autre dédié à la formation médicale », ainsi que deux guides, l’un consacré à l’auto-évaluation, l’autre à l'évaluation externe.
  • Des défis : Formation continue des experts externes et acteurs institutionnels ; évaluation des résultats d’apprentissage, de la professionnalisation et du service à la communauté ; et soutenabilité du financement au regard de la forte croissance des programmes d'évaluation. « La participation des établissements aux coûts des procédures est à l'étude », dit Papa Gueye. 

En Afrique, l’auto-évaluation comme préalable de la gouvernance

« L’auto-évaluation est un regard critique que l’institution porte sur tout ou partie d’elle-même, par une démarche systématique et participative. Cela nous semble un bon point de départ pour la gouvernance », expose Jean-Philippe Thouard, directeur technique de l’IFGU. L’IFGU, un des cinq instituts de l’AUF, est « une structure légère, qui travaille en mobilisant les expertises », basée à Yaoundé (Cameroun). Sa compétence est mondiale.

  • Une phase-pilote : De 2014 à 2017, l’IFGU et le Cames ont mené en partenariat une phase-pilote d’appui à l’auto-évaluation de 14 universités, écoles de gestion et d’ingénieurs, « des établissements à typologies très différenciées », en Afrique de l’Ouest, Afrique Centrale, et Madagascar. La démarche doit être élargie à d’autres établissements de l’espace Cames.
  • Une « dynamique » à saisir : la phase-pilote achevée, l’IFGU envisage les perspectives. « Le guide méthodologique d’auto-évaluation sera bientôt publié, les référentiels du Cames ont été améliorés », explique Jean-Philippe Thouard. « Un réseau d’expertise émerge, qu’il s’agit de consolider. » Autre objectif, optimiser les coûts d’un tel accompagnement. Après les 14 de la phase-pilote, l’IFGU envisage d’appuyer 150 établissements.
  • L'étape suivante : toujours au moyen d’une phase-pilote bientôt lancée, l’IFGU met en œuvre un appui à la planification stratégique et au pilotage. « Les partenaires sont bienvenus dans cette démarche », conclut Jean-Philippe Thouard.

Esfam : projet de master dédié à la gouvernance des universités 

L’Esfam forme à Sofia (Bulgarie) « des cadres de l’administration et du management, avec 10 masters et environ 150 étudiants par an en M2, tous recrutés à l’issue de leur cursus, » indique Maria Niculescu.

« Nous proposons un master en management public en partenariat avec HEC Liège, avec un parcours management des institutions publiques et un autre orienté management des affaires européennes. Pourquoi pas un parcours management et gouvernance des universités ? Serait-il de nature à attirer des jeunes ? », demande Maria Niculescu, directrice de l’Esfam.

« La gouvernance figure parmi les priorités de l’AUF », explique-t-elle. C’est notamment pourquoi l’Esfam envisage des formations dédiées, à trois niveaux :

  • connaissance et analyse critique des politiques de l’enseignement supérieur ; évaluation des politiques publiques. Ce serait le niveau de formation initiale, type master.
  • outils et principes de la gouvernance universitaire, en formation continue et éventuellement certifiante, pour des responsables d'établissements ou encore enseignants-chercheurs en fonction. « Nous sommes en train de proposer des formations d’une soixantaine d’heures, sur la gestion du personnel, le travail en équipe, les aspects juridiques et réglementaires. »
  • fonctions opérationnelles de management des universités. « Il s’agirait de formations courtes, ciblées métiers, pour responsables opérationnels, auditeurs internes, évaluateurs », précise Maria Niculescu.
Fiche n° 3790, créée le 06/01/16 à 05:30 - MàJ le 06/01/16 à 17:33

Agence Universitaire de la Francophonie

L’AUF (Agence universitaire de la Francophonie) est une association internationale qui regroupe 821 adhérents dans 104 pays : universités, grandes écoles, réseaux universitaires et centres de recherche scientifique utilisant la langue française dans le monde entier.
Création : 13 septembre 1961
Budget : 37,11M€ (en 2014)
Chiffres clés :
- 821 institutions universitaires dans 104 pays
- 2 407 aides individuelles à la formation et à la recherche
- 175 doctorants bénéficiaires d’un encadrement spécifique
- 101 projets internationaux de recherche et de formation financés
- 186 manifestations scientifiques internationales soutenues.
Secrétaire général : Jean-Pascal Bonhotal
Recteur  : Jean-Paul de Gaudemar
Président  : Sorin Cîmpeanu


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