« Soigner une forme de schizophrénie sur la technologie en France » (Ither Consult)

Paris - Publié le mardi 11 juillet 2017 à 16 h 08 - n° 97700 « Globalement, la technologie a été éparpillée dans l’enseignement secondaire et supérieur. Nos écoles, même les plus prestigieuses, si elles sont reconnues et appréciées à l’étranger, ont du mal à apparaître dans les classements mondiaux. La création en France de quelques grands établissements technologiques serait un élément clef de la construction d’une offre structurée de formation technologique d’excellence du collège au doctorat », déclarent Paul JacquetPaul Jacquet et Michel MudryMichel Mudry, respectivement président et associé fondateur d’Ither Consult, dans un entretien à News Tank, le 11/07/2017.

Ither Consult publie un rapport détaillant les échanges et conclusions du séminaire Think Technology organisé en partenariat avec News Tank le 07/02/2017. « L’enthousiasme des technophiles opposé aux craintes des technophobes a trop souvent enfermé la technologie dans des discours idéologiquement verrouillés. Le séminaire a voulu dépassionner et ouvrir le débat », rappellent Paul Jacquet et Michel Mudry.

« Il y a en France une forme de schizophrénie à propos de la technologie qu’il faudrait enfin soigner en construisant une offre de formation technologique d’excellence dès le secondaire et jusqu’à la fin du supérieur », regrettent les deux experts.

Sur les enjeux de gouvernance et de collaboration au niveau des sites, ils soulignent : « Nous ne connaissons pas de pays développé qui se soit engagé dans une restructuration globale de son enseignement supérieur public telle que celle que nous connaissons avec la loi de 2013. Si bien qu’ailleurs, les coopérations ont toutes un caractère local ou conjoncturel, et le pragmatisme qui généralement les a guidés est aux antipodes d’un dispositif édicté par la loi et régulé par l’administration centrale. » Ils proposent alors des exemples originaux de relations de site rencontrées dans le cadre des activités internationales d’Ither Consult.
© D.R.
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Paul Jacquet et Michel Mudry répondent à News Tank

Dans sa première partie, le rapport de synthèse de Think technology fait écho à l’affirmation « La place donnée à la technologie en France n’est pas à la hauteur », qui a été répétée tout au long de l'événement en février 2017. Pourriez-vous l’objectiver ?

Des discours idéologiquement verrouillés Paul Jacquet : L’enthousiasme des technophiles opposé aux craintes des technophobes a trop souvent enfermé la technologie dans des discours idéologiquement verrouillés. Le séminaire a voulu dépassionner et ouvrir le débat. Pour répondre à votre question, constatons qu’une tendance lourde, installée en France depuis bien longtemps dans le second degré, assigne le mauvais rôle à l’enseignement technique et professionnel par rapport aux autres filières d’enseignement. Ce secteur est en fait le réceptacle d’une sélection par l’échec dont les effets s’objectivent quantitativement.

Dans son excellent ouvrage Reconnecter la formation à l’emploi, Yves Malier fournit les éléments suivants :

« Après les orientations de fin de classe de troisième et de seconde, c’est 56 à 60 % des jeunes qui se retrouvent en formation technologique ou professionnelle (voies scolaires et apprentissage). Ce chiffre est globalement analogue à ceux qu’on peut observer dans les pays voisins (Allemagne, Suisse, Angleterre, Canada…), bien que la répartition entre les voies scolaires et l’apprentissage soit très différente. En revanche, il est beaucoup plus spécifique à notre pays que les moins de vingt-cinq ans ayant suivi (ou abandonné en chemin) les voies technologiques et professionnelles, supposées préparer directement à l’insertion dans un métier, constituent, paradoxalement, la part la plus importante des jeunes chômeurs. »

Par contre, la situation s’inverse dans le supérieur, où IUTIUTInsitut universitaire de technologie et écoles d’ingénieurs attirent souvent les meilleurs d’une classe d’âge, lesquels n’ont aucune difficulté, une fois leur diplôme en poche, à trouver un emploi. Il y a donc en France une forme de schizophrénie à propos de la technologie qu’il faudrait enfin soigner en construisant une offre de formation technologique d’excellence dès le secondaire et jusqu’à la fin du supérieur. C’est la condition pour que des passerelles efficaces, à double sens, puissent être établies avec l’enseignement général.

Quelle est la nature de cette opposition science/technologie qui est souvent évoquée par des intervenants ?

Michel Mudry : Depuis plusieurs années, il existe une propension à confondre science et technologie. La création du mot-valise « technoscience » en est d’ailleurs une des manifestations. Lorsqu’on distingue science et technologie, on peut alors penser qu’on les oppose. Cela n’a pas été le cas dans ce séminaire. Tous les participants ont insisté sur la complémentarité des deux concepts, tout en reconnaissant leur « égale dignité ».

Un critère simple, proposé par Mario Bunge, physicien et philosophe argentin, distingue science et technologie : « La science cherche à connaître le monde, la technique et la technologie cherchent à le modifier ». De ce point de vue, la technologie innove en permanence puisqu’elle invente (ou améliore) des objets (ou des procédés) qui n’existent pas. En se positionnant du point de vue de la recherche, l’académicien des sciences Pierre Joliot traduit cette différence de la manière suivante :

« S’il est impératif que la recherche fondamentale et la recherche appliquée soient en mesure de coopérer efficacement, je n’en reste pas moins convaincu que ces deux formes d’activités diffèrent profondément aussi bien en ce qui concerne la pratique de la recherche que son mode d’organisation ».

Paul Jacquet : Enseigner la technologie, faire de la recherche technologique sont autant d’activités qui nécessitent un environnement, des moyens, des modes d’organisation de pilotage et d’évaluation, des formes de partenariat avec le monde économique, spécifiques pour jouer un rôle de premier plan dans la compétition mondiale. Beaucoup parmi les intervenants de ce séminaire ont jugé que les grandes restructurations entreprises depuis quelques années ont tout simplement ignoré ce fait.

La formation pour la technologie évolue-t-elle ? Y a-t-il des besoins non satisfaits ? Des enjeux non pris en compte ?

Paul Jacquet : La question est vaste et, de plus, des évolutions rapides sont en cours, donc difficiles à saisir tout à fait. Disons qu’il apparaît que l’enseignement technologique est sans doute celui qui peut profiter le plus des… technologies récentes et à venir.

Aussi bien la possibilité de « virtualiser » les objets, via les TiceTiceTechnologies de l'information et de la communication pour l'enseignement, que de les réaliser, via des Fab Labs, mettent l’élève ou l’étudiant en technologie dans une situation merveilleusement nouvelle, bien plus sans doute que dans les disciplines générales plus abstraites.

Par ailleurs, profitant de ces outils, de nouvelles pratiques pédagogiques telles que la classe inversée peuvent sans doute être plus naturellement pratiquées dans les enseignements technologiques.

Une véritable démarche d’excellence de la part d'Arts et Métiers avec son bachelor Michel Mudry : Hervé RiouHervé Riou a très bien évoqué les évolutions en cours dans la filière STI2DSTI2DSciences et technologies de l'industrie et du développement durable. Or, il faut saluer à cet égard l’initiative d’Art et Métiers (Ensam)EnsamÉcole nationale supérieure des arts et métiers de mise en place récente d’un bachelor qui recrute exclusivement dans cette filière.

Quatre des centres Ensam sont maintenant concernés, pour des flux qui atteignent déjà 100 étudiants. Il y a là une véritable démarche d’excellence pour cette filière : les meilleurs diplômés peuvent aussi intégrer les deux dernières années de la formation d’ingénieur Ensam ou celles d’autres écoles.

Beaucoup d’autres choses pourraient être dites. Limitons nous à un message : on ne réussira pas la transition énergétique sans disposer de ces très nombreux « technophiles » que Bruno GrandjeanBruno Grandjean, président de la Fédération des industries mécaniques, appelle de ses vœux. Puisque vous parlez d’enjeu, voilà sans doute le plus beau.

Revenons à la critique de la place de la technologie dans la formation. Vous écrivez dans votre rapport que « la France dispose d’une formation aux sciences de l’ingénieur de bon niveau, mais qui n’est pas valorisée par une reconnaissance sociale ». Pour autant, la France n’est-elle pas, en partie, dirigée par des ingénieurs qui occupent les grands corps de l’État et les fonctions de direction dans de nombreuses entreprises ?

Ne pas confondre « métier d’ingénieur » et « diplôme d’ingénieur » Paul Jacquet : Il ne faut pas confondre « métier d’ingénieur » et « diplôme d’ingénieur ». Votre question fait référence aux diplômés de l’École polytechnique et de quelques autres dont certains occupent les postes que vous évoquez. C’est notamment pour cette raison que les écoles dont ils sont issus bénéficient d’une reconnaissance sociale de tout premier plan. Mais elles sont moins d’une dizaine.

Le prestige de ces institutions rejaillit certes sur les 200 autres. Mais c’est la formation d’ingénieur, le titre d’ingénieur diplômé, qui est reconnu, du fait de sa sélectivité à l’amont et de la variété des débouchés à l’aval. Sans oublier la consolidation que la création de la CTICTICommission des titres d'ingénieurs a opérée sur cet ensemble depuis plus de 80 ans. Mais le métier d’ingénieur en tant que tel ne bénéficie pas de la même aura. 

Michel Mudry : D’ailleurs, une fraction notable des promotions des écoles n’étant pas faite de « technophiles », pour reprendre l’affirmation de Bruno Grandjean, il existe un flux non négligeable d’ingénieurs diplômés qui vont vers d’autres métiers, valorisant ainsi, il est vrai, une formation généraliste qui est peu ou prou la marque de la formation d’ingénieur à la française. La phrase incriminée évoque tout simplement la subtilité de la dualité formation/métier autour du mot ingénieur.

En commentaire de la description que fait William PralongWilliam-François Pralong de l’évolution de l’École polytechnique fédérale de Lausanne, vous écrivez que « le lac Léman semble aussi large que l’Océan Atlantique ». Pouvez-vous expliciter cela en termes de gouvernance et de gestion des enseignants-chercheurs ?

Paul Jacquet : Cette formule fait implicitement référence au fait que le président qui pendant 15 ans a imprimé sa marque à l’EPFLEPFLEcole Polytechnique Fédérale de Lausanne, Patrick Aebischer, avait au préalable passé une dizaine d’années aux USA. Elle vise prioritairement la situation des universités françaises ; le lac est moins large concernant les écoles d’ingénieurs ou de commerce ! Il est difficile de répondre complètement à une question si vaste. Notre cabinet, Ither Consult, réalise d’ailleurs actuellement une note à ce sujet. Nous évoquerons donc très sommairement trois aspects.

  • En premier lieu, il convient de simplement remarquer qu’il est hautement improbable que quelqu’un comme Patrick Aebischer ait pu être recruté par un établissement public français. D’abord dans nos universités où la loi restreint l’accès à la fonction de président à un professeur ou à un maître de conférences. Certes, il peut désormais venir de l’extérieur, mais le pouvoir autogestionnaire interne - paradoxalement conforté par la loi de 2007 - empêche pratiquement qu’il en soit ainsi. Regardez donc où les présidents actuels étaient en poste lors de leur élection. Les choses sont bien sûr plus ouvertes dans les écoles d’ingénieurs publiques, mais concernant les écoles du MesriMesriMinistère de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, la composante autogestionnaire reste très forte. Au contraire, concernant les deux écoles polytechniques suisses, nous voilà dans un autre monde où le choix du dirigeant est dans la main du Conseil des écoles polytechniques fédérales, lequel est principalement composé de responsables politiques et économiques.
  • Ensuite, quant à l’exercice de la gouvernance, l’étendue des prérogatives du président de l’EPFL et son autonomie sont sans commune mesure avec celles dont dispose un chef d’établissement français. En particulier, la réglementation fédérale suisse est assez légère et peu contraignante, à commencer par la capacité de l’établissement - donc du président - à définir en toute liberté l’organisation interne. C’est ce que n’a pas manqué de faire Patrick Aebischer dès son arrivée, puis en choisissant les membres de son équipe et les doyens des composantes. C’est sur cette base qu’il a ensuite mis en œuvre son projet, en disposant de la longue durée.
  • Enfin, c’est peut-être sur le sujet de la gestion des enseignants-chercheurs que la distance est la plus grande, en tous cas avec nos universités et même nos écoles publiques. Cela tient à l’exceptionnalité française selon laquelle les « universitaires » sont, d’une part, des fonctionnaires d’État, et, d’autre part, dont les modalités de recrutement et de progression de carrière sont étroitement cadrées par une réglementation nationale. En Suisse, si, une fois recrutés, les professeurs des deux écoles polytechniques ont bel et bien un statut fédéral, l’autonomie de chaque établissement est totale quant aux modalités de recrutement et très large quant à la gestion des carrières. C’est ainsi que, durant son long mandat, P. Aebischer a pu mettre en place et mener une politique de ressources humaines au service du projet qu’il portait.

Le développement limité des InsaInsaInstitut national des sciences appliquées et des UTUTUniversité(s) de technologie ne justifierait-il pas de renoncer à créer à nouveau des universités de technologies séparées des autres établissements ? Pourquoi faites-vous cette proposition ?  

Michel Mudry : Notre pays est dans la curieuse situation où, historiquement, il a « inventé » au XVIIIe siècle le concept d’école d’ingénieurs, que ce concept a été repris et reproduit dans de nombreux pays en Europe et en Amérique du nord, mais que dans ces pays les écoles ont évolué pour devenir des instituts ou des universités technologiques de renommée mondiale.

Il suffit de considérer les MIT, Caltech, Georgia Tech… aux USA, les TU allemandes, les écoles polytechniques fédérales en Suisse et également des établissements analogues en Asie. Il y a eu bien sûr en France quelques tentatives, les INPINPInstitut national polytechnique, les Insa et les UT en sont les exemples les plus représentatifs. Ce furent des initiatives intéressantes, mais séparées dans le temps et dans leurs objectifs. En particulier, il a manqué à ces établissements publics une vision de long terme, une volonté et un soutien pérenne de l’État pour les amener au niveau des établissements étrangers, à l’instar du processus qu’a connu l’EPFL.

La technologie a été éparpillée dans l’enseignement secondaire et supérieur.

Globalement, la technologie a été éparpillée dans l’enseignement secondaire et supérieur. Nos écoles, même les plus prestigieuses, si elles sont reconnues et appréciées à l’étranger, ont du mal à apparaître dans les classements mondiaux.

Paul Jacquet : Le point de vue de plusieurs participants à Think Technology, et nous le partageons, est que la création en France de quelques grands établissements technologiques serait un élément clef de la construction d’une offre structurée de formation technologique d’excellence du collège au doctorat. Ils en seraient les « fers de lance » attractifs aussi bien au plan national qu’au plan international.

Il ne s’agit pas ici de les créer ex nihilo, mais de les construire en s’appuyant sur l’existant, dès lors que les établissements concernés adhèrent aux éléments du cahier des charges proposé par Laurent Carraro Laurent Carraro(chapitre D. III du rapport). Ce cahier des charges repose sur un nombre très réduit d’invariants considérés comme essentiels pour la gouvernance, la gestion des enseignants/chercheurs et la régulation des étudiants à l’entrée des cursus offerts. Il est en effet très important que les établissements candidats connaissent précisément les critères essentiels de sélection souhaités par l’État et que ceux-ci soient partagés par le jury de sélection.

La question de la coopération entre établissements n’a guère été présente lors du séminaire. Quelles bonnes pratiques ou quels exemples institutionnels étrangers avez-vous identifiés ?

Pas de pays développé engagé dans une restructuration globale de son enseignement supérieur public telle que celle que nous connaissons avec la loi de 2013 Michel Mudry : Si l’on tient à prendre comme « référence » la situation française, il n’est pas certain que, jugés à cette aune-là, il existe ailleurs de bonnes pratiques ou des exemples dont on pourrait s’inspirer. En effet, nous ne connaissons pas de pays développé qui se soit engagé dans une restructuration globale de son enseignement supérieur public telle que celle que nous connaissons avec la loi de 2013. Si bien qu’ailleurs, les coopérations ont toutes un caractère local ou conjoncturel, et le pragmatisme qui généralement les a guidés est aux antipodes d’un dispositif édicté par la loi et régulé par l’administration centrale, dispositif que Christine Musselin vient d’analyser de façon magistrale.

Voici donc quelques situations intéressantes de relations de site - parmi beaucoup d’autres - qu’Ither Consult a rencontrées dans le cadre de ses activités internationales. Disons-le d’emblée, aucune de ces situations ne restreint de l’extérieur la personnalité de chaque établissement concerné. Les coopérations établies le sont en raison de la libre volonté des acteurs.

  • À notre frontière, et en traversant une fois encore le Lac Léman, un certain « reengineering » de la recherche a eu lieu entre l’EPFL et sa voisine, l’Université de Lausanne. Mais il n’est venu à l’idée de personne de fusionner deux établissements aux campus pourtant contigus ; ou de monter, pourquoi pas avec l’Université de Genève, ce qui ressemblerait à une ComueComueCommunautés d’universités et d'établissements…           
  • Traversons maintenant l’Atlantique et rendons-nous à l’École polytechnique de Montréal, laquelle a, avec l’université voisine, une relation ancienne relative à la délivrance des diplômes. Depuis fort longtemps, son « affiliation » à l’Université de Montréal témoigne d’une approche résolument simple et pragmatique. Cette école fondée en 1873 en référence à notre école polytechnique a été constituée en « corporation » au sens de la loi du Québec, c’est-à-dire une société anonyme, dont les conditions de gouvernance sont d’ailleurs en phase avec ce statut. Son contrat « d’affiliation » à l’Université de Montréal stipule que c’est cette dernière qui délivre les diplômes sur recommandation du conseil académique de l’école. Les diplômes sont contresignés par la « corporation ». C’est le seul lien juridico-administratif qui lie les deux établissements et, de l’avis d’un des directeurs de l’école, cette disposition n’a jamais causé le moindre problème. Par ailleurs, dans les classements nationaux et internationaux, c’est l’ensemble : Université de Montréal + EPM + HEC (autre école « affiliée ») qui est évalué et qui obtient de bons résultats. On voit donc là un exemple de coopération permanente, ancienne, mais d’amplitude limitée et d’ordre plutôt symbolique.
  • D’une autre nature, car impliquant un établissement d’enseignement supérieur et un National lab voisin, on rencontre aux USA les binômes University of Chicago/Argonne laboratory et Caltech/Jet propulsion laboratory. Ils sont très analogues, évoquons par exemple ce dernier. Voilà un modèle intéressant de coopération entre un institut technologique, privé rappelons-le (qui était, à sa création en 1891, une école de formation professionnelle), et une agence gouvernementale, la NasaNasaNational Aeronautics and Space Administration. Notons tout d’abord que cet établissement, avec seulement 2 700 étudiants et 500 professeurs et chercheurs (dont plus de 30 prix Nobel), prouve que la taille n’est pas un facteur déterminant de qualité et de notoriété puisqu’on le trouve toujours dans les premiers des classements mondiaux. Ce qui nous intéresse, ici, c’est le lien entre Caltech et le JPL (Jet propulsion laboratory), laboratoire de 5 200 personnes ! Ce laboratoire, créé en 1930 au sein de Caltech, est devenu une coentreprise Caltech-Nasa dont la gestion est confiée à Caltech, y compris celle des ressources humaines. La porosité entre Caltech et le JPL est évidemment très importante, et ce dans les deux sens. On peut imaginer avec quel enthousiasme et quelle motivation des étudiants, mais aussi des enseignants-chercheurs, participent à des programmes comme Explorer, Galileo… C’est bien entendu l’ensemble Caltech + JPL qui est évalué dans les classements internationaux, le budget du JPL représentant 75 % du budget de l’ensemble.           
  • Pour terminer, restons en Californie et non loin de Caltech, avec le cas d’une tout autre nature celui de la Claremont university consortium. Pour faire court, il s’agit d’une sorte de « confédération » de Liberal art colleges privés, parmi les mieux classés dans leur catégorie et qui attirent des étudiants à l’échelle nationale. Depuis 1925, et autour du Pomona College, ils se sont tous localisés sur le même campus de Claremont afin de partager des services, comme la sécurité, les bibliothèques ou la gestion de la paie des personnels. De plus, étant eux-mêmes des undergraduate colleges, ils ont développé en commun des programmes graduate, tout en permettant aussi en amont à chaque étudiant de choisir certains crédits dans un autre college. On voit donc combien la coopération est forte. Néanmoins, ces institutions restent en concurrence pour le recrutement et sont, comme on l’a dit, présentes individuellement dans les classements américains. Et personne là-bas ne préconise une « fusion » en une unique university.

Nous livrons ces exemples pour ce qu’ils sont : des exemples d’établissements aux stratégies autonomes, souvent complémentaires et qui savent parfaitement se présenter ensemble lorsqu’il y a de la valeur ajoutée.

Fiche n° 3080, créée le 15/03/14 à 19:16 - MàJ le 03/02/17 à 12:31

Michel Mudry



Parcours Depuis Jusqu'à
ITHER Consult
Associé fondateur 2014 Aujourd'hui
2014 Aujourd'hui
Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs
Délégué général 2003 à 2011
2003 2011
Université d'Orléans
Président 1997 à 2002
1997 2002
Université d'Orléans
Directeur de l'Ecole d'ingénieurs 1988 à 1997
1988 1997
Êtablissement & diplôme Année(s)
Université Paris 6 - Pierre et Marie Curie
Docteur ès -sciences aérodynamique

Fiche n° 7755, créée le 28/11/14 à 17:12 - MàJ le 06/11/16 à 00:20

Paul Jacquet



Parcours Depuis Jusqu'à
ITHER Consult
Président 2015 Aujourd'hui
2015 Aujourd'hui
CEA Tech
Conseiller Scientifique du Directeur de CEA Tech Juin 2012 Aujourd'hui
Juin 2012 Aujourd'hui
Grenoble INP
Administrateur général 2008 à 2012
2008 2012
Conférence des directeurs des écoles françaises d'ingénieurs
Président 2004 à 2011
2004 2011
Grenoble INP
Président 2002 à 2008
2002 2008

Paul Jacquet est professeur honoraire des Universités, il a dirigé Grenoble INP de 2002 à 2012. C’est durant cette période qu’une profonde transformation de l’établissement a été opérée : regroupement d’Écoles et de services, statut de grand établissement, création d’une fondation partenariale, réalisation du projet Minatec et lancement du projet GreenER … Paul Jacquet a présidé le consortium d’Écoles et d’industriels qui a créé en 2010, au sein de l’Université Sun Yat Sen, l’IFCEN (Institut franco-chinois de l’énergie nucléaire). Il a par ailleurs présidé la CDEFI de 2004 à 2011, c’est sous son mandat que la conférence a changé de statut, qu’elle a été reconnue dans la loi LRU et qu’elle s’est ouverte aux Écoles privées.

Il est actuellement conseiller scientifique du Directeur de CEA Tech et préside le cabinet de conseil ITHER Consult.

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